La formation de la langue marathe c5.s2.t7.2
La formation de la langue marathe c5.s2.t7.2
- Language
- French
c5.s2.t7.2
Il semble bien que l’on trouve la même désinence pkr. *-āo*, combinée avec le mot affixe *-ni -n*, dans l’ablatif sing. du vieux marathe en *-auni*, *-oni*, *-ūni* (*meghauni* « du nuage », *divūni* « depuis le jour », etc.), qui subsiste uniquement dans des mots à fonction grammaticale comme *kaḍūn*, *pāsūn* (v. m. *pāsauni*) « d’à côté [de] », *āmtūn* « de dedans » (cf. beng. du S.-E. abl. en *-tun*?) ou des adverbes comme *māgūn* « après ». La poésie et les textes de la secte Mānbhāv ont conservé pour marquer l’ablatif avec la valeur de *pāsūn* une forme *pāsāv* qui semble bien être l’ablatif du mot *pās* à l’état pur. L’absence de toute aspiration dans ces formes anciennes et la rareté dans les vieux textes du juxtaposé : oblique + gérondif du verbe « être » *hoūn* (mod. *hūn*) rend invraisemblable l’explication courante suivant laquelle v. m. *-ūn* serait une forme dérivée de la forme moderne en *-hūn* (cf. Beames, II, p. 234) : comme on le verra au contraire, l’inverse est le plus probable. V. mar. *-āo* aboutit normalement à m. mod. *-ā* : ceci rend possible l’explication de la postposition *lā* « pour » par un mot à l’ablatif ; v. plus bas § 200.