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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c5.5

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c5.5

Language
French

v1.c5.5

Il s'ensuit naturellement que la tâche de l'interpréter, sinon de la décrire, échoit pour la plus grande part à l'indianiste. Quand l'archéologue grec a une fois constaté les ressemblances extérieures de cet art avec celui de la décadence hellénique, il a épuisé à peu près tout ce qu'il lui est loisible de dire : l'objet des édifices, le sujet des bas-reliefs, le nom des statues ne sont déjà plus de son ressort. Ce serait volontairement courtiser l'erreur que de chercher dans ces monuments les scènes ou les personnages de la fable païenne. Il est vrai de dire que la tentative ne serait pas moins vaine de prétendre expliquer par des raisons purement locales la naissance, sur les confins de l'Inde, de cette plastique presque totalement étrangère au pays en même temps qu'infiniment supérieure à tout ce qu'avait déjà produit l'art indigène. Mais l'influence occidentale une fois admise — et nous verrons qu'il se mêle aux motifs grecs plus d'un élément iranien, — c'est bien à l'orientaliste que revient le soin de pénétrer autant qu'il peut, en s'aidant des textes bouddhiques, le sens intime de ces œuvres d'art. Telle est la tâche que nous nous sommes tout particulièrement assignée. Sans négliger la valeur décorative de ces sculptures, nous glisserons sur les rapprochements de pure forme, dont la plupart sautent aux yeux, pour nous attacher à dégager l'allusion légendaire ou l'intention religieuse qu'elles recèlent : aussi bien est-ce justement là ce dont, en leur présence, un lecteur européen a le plus besoin d'être averti.