L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c5.s1.26
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c5.s1.26
- Language
- French
v1.c5.s1.26
Mais c'est surtout au Gandhâra que nous pouvons suivre pas à pas les pérégrinations du voyageur chinois⁴ : il nous conduit comme par la main le long de l'ancienne grand' route de l'Inde. S'arrêtant d'abord à Puruṣapura, aujourd'hui Pêshawar, il nous fait visiter avec lui, à une petite distance au sud-est de la ville, la fameuse fondation religieuse du roi indo-scythe Kaniṣka, dont les tumuli de Shâh-jî-kî-Ḍhêrî semblent marquer encore la place. Puis il nous mène en une étape vers le nord-est à Puṣkarâvatî (Prâng, Chârsadda et Râjar) sur la rive gauche de la rivière du Swât et proche du célèbre stûpa du « don des yeux ». De là il se rend à Po-lou-cha (probablement Varṣapura, aujourd'hui Shâhbâz-Gaṛhî) où le pieux rappel du généreux prince Viçvantara lui fait omettre de signaler l'existence d'une inscription d'Açoka. Sans le crochet que lui coûta l'ascension de la montagne de Bhîmadêvî, trois étapes lui auraient suffi par la route ordinaire pour atteindre Udabhâṇḍa (Und), sur l'Indus, d'où en trois jours, après avoir traversé le fleuve, l'hiver à gué et l'été en bac, on gagnait Taxile. Les informations qu'il recueillait à chacune de ces grandes haltes guidaient son infatigable dévotion vers les sanctuaires les plus importants du pays. D'Udabhâṇḍa, c'est pour lui une simple promenade que d'aller à Çalâtura (Lahor), la patrie du grand grammairien sanskrit Pâṇini. A Varṣapura, il ne recule pas devant deux journées de marche vers le Nord pour visiter aux abords du versant méridional de la passe de Shâhkot l'ancienne retraite du ṛiṣi Unicorne (Ekaçṛiṅga). Une excursion de la même durée le long de la rivière du Swât le conduit enfin, le premier jour, de Puṣkarâvatî au stûpa de Hâritî, « la mère des démons », aujourd'hui connu sous la dénomination équivalente de Sara-Makh-Ḍhêrî (le tumulus de la Face-rouge, entendez : la Variole), et, le second, à celui que sanctifiait, dans le voisinage de Gandhairi, le souvenir du jeune ascète Çyâma, ce modèle de piété filiale.