L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c5.s3.1
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c5.s3.1
- Language
- French
v1.c5.s3.1
Nous en avons assez dit pour qu'on conçoive aisément que nombre de sculptures gréco-bouddhiques sont actuellement entre les mains de simples particuliers, tant dans l'Inde qu'en Europe. C'est là un fait bien connu sur la frontière afghane et une opinion partagée de tous ceux qui se sont occupés de la question(2). Il est assurément fort regrettable qu'une part minime de ces œuvres d'art soit seule échue aux musées; du moins, il n'y a pas lieu de regretter qu'elles n'aient pas été laissées sur place. Puisqu'on avait tant fait que de les déblayer, il ne restait, surtout aux débuts, d'autre moyen de les conserver que de les mettre, aussitôt découvertes, hors de la portée des villageois musulmans. La plupart trouvèrent ainsi un premier asile entre des piquets de tente ou sous une véranda de bungalow en attendant d'avoir les honneurs de quelque galerie privée ou publique. Malheureusement, si l'on pourvut ainsi à leur sûreté, on ne songea le plus souvent à prendre aucune note non seulement de leurs positions respectives, mais même de l'endroit où elles avaient revu le jour. On devine le tort aujourd'hui causé à nos études par le désordre de ces acquisitions accumulées de toutes mains ou dispersées au hasard des caprices individuels, sans qu'on ait presque jamais eu soin d'en établir et d'y joindre un procès-verbal d'origine. De celles mêmes qui sont venues grossir le contingent des musées, seule une infime minorité possède, pour ainsi parler, un état civil; et, par suite, il nous faut d'avance renoncer à en posséder jamais un catalogue qui soit pleinement satisfaisant. Nous nous bornerons ici à donner un aperçu de la composition des principales collections, tant indiennes qu'européennes.