L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c5.s3: § III. Collections et recueils
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c5.s3
- Language
- French
§ III. Collections et recueils
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Nous en avons assez dit pour qu'on conçoive aisément que nombre de sculptures gréco-bouddhiques sont actuellement entre les mains de simples particuliers, tant dans l'Inde qu'en Europe. C'est là un fait bien connu sur la frontière afghane et une opinion partagée de tous ceux qui se sont occupés de la question(2). Il est assurément fort regrettable qu'une part minime de ces œuvres d'art soit seule échue aux musées; du moins, il n'y a pas lieu de regretter qu'elles n'aient pas été laissées sur place. Puisqu'on avait tant fait que de les déblayer, il ne restait, surtout aux débuts, d'autre moyen de les conserver que de les mettre, aussitôt découvertes, hors de la portée des villageois musulmans. La plupart trouvèrent ainsi un premier asile entre des piquets de tente ou sous une véranda de bungalow en attendant d'avoir les honneurs de quelque galerie privée ou publique. Malheureusement, si l'on pourvut ainsi à leur sûreté, on ne songea le plus souvent à prendre aucune note non seulement de leurs positions respectives, mais même de l'endroit où elles avaient revu le jour. On devine le tort aujourd'hui causé à nos études par le désordre de ces acquisitions accumulées de toutes mains ou dispersées au hasard des caprices individuels, sans qu'on ait presque jamais eu soin d'en établir et d'y joindre un procès-verbal d'origine. De celles mêmes qui sont venues grossir le contingent des musées, seule une infime minorité possède, pour ainsi parler, un état civil; et, par suite, il nous faut d'avance renoncer à en posséder jamais un catalogue qui soit pleinement satisfaisant. Nous nous bornerons ici à donner un aperçu de la composition des principales collections, tant indiennes qu'européennes.
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¹ Nous ne trouvons guère à citer ici, pour le premier cas, que le don fait au musée de Calcutta par M. J. G. Delmerick, de têtes en mortier de chaux trouvées près de Pêshawar (Proc. A. S. B., 1870, p. 217), et, pour le second, que la publication dans le J. R. A. S., 1899, p. 422, avec planches (ou J. I. A. I., 1900, p. 80, fig. 15 et 16, et cf. enfin nos figures 195 et 222) de deux bas-reliefs trouvés, en décembre 1897, dans les réserves encore inépuisées de Takht-i-Bahai; mais cf. plus bas, p. 28 et 30, d'autres exemples de prêts et de donations.
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² Cf. V. SMITH, J. A. S. B., LXVIII, part 1, 1889, p. 114; J. BURGESS, J. I. A. I., 1898, p. 24, et Buddhist Art in India, préface, etc.
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Musée de Calcutta. — L'« Indian » ou « Imperial Museum », comme il est de mode de l'appeler, possède la plus ancienne statue gréco-bouddhique dont il soit question dans l'indianisme. Découverte près de Kâboul, en novembre 1833, par le Dr Gerard, elle fut offerte le 6 août suivant à la Société asiatique du Bengale, dont la collection a formé, comme on sait, le noyau du musée fondé en 1866. Aux quelques objets ainsi transférés se sont ajoutés d'autres dons faits par des particuliers; mais l'apport de beaucoup le plus considérable fut celui de l'Archæological Survey, à la suite de ses heureuses campagnes de fouilles de 1872-1873. Numérotées G(andhâra). 1 à G. 177, ces dernières sculptures, provenant pour la plupart de Jamâl-Garhî, ont fait l'objet, en 1883, d'un catalogue dressé avec beaucoup de soin par un naturaliste, le Dr J. Anderson¹. Jointes aux numéros K(âboul). 1, H(azâra). 1-2, et P(éshawar). 1-19, elles constituent ce que l'on peut appeler l'ancien fonds.
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¹ J. ANDERSON, *Catalogue and Handbook of the archæological collections in the Indian Museum*, Part I, p. 198-261 (Calcutta, 1883).
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Postérieurement à l'apparition du catalogue, ce fonds a reçu trois additions des plus notables. La première consiste en une part du produit des fouilles engagées en 1883 par le major Cole, soit une centaine de sculptures provenant surtout de Koi-Tangai et du monastère supérieur de Nathou (1). La seconde comprend la collection rapportée par M. A.-E. Caddy de sa première mission sur la frontière du Nord-Ouest en octobre-novembre 1895; il faut y
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FIG. 3. — BASE DÉBLAYÉE DU STÛPA DE LORIYÂN-TANGAI (cf. fig. 4). D'après une photographie de M. A.-E. CADDY, au Musée de Calcutta.
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distinguer, outre le petit stûpa de Gandhairi, don du colonel Deane et de M. S. Waterfield, deux lots de sculptures réunis l'un dans la vallée du Swât par le colonel Deane, l'autre aux environs de Dargai par le major Maisey (2). Enfin les importants résultats des fouilles de M. A.-E. Caddy à Loriyân-Tangai ont tous été réservés à Calcutta (3).
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(1) Cf. plus haut, p. 21. Pour le plan plus ou moins judicieux de distribution des trouvailles entre les divers musées de Calcutta, Lahore, Madras, Bombay et Rangoun, voir *Third Report*, p. 22, et App. S., p. cxiv; mais ce plan n'a pas été rigoureusement suivi.
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(2) Cf. plus haut, p. 22. Nous avons pu examiner et photographier en partie ces sculptures, au déballage desquelles nous avons assisté, en janvier 1896, sous un hangar provisoire attenant au Musée de Calcutta.
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(3) Nous avons encore pu, dès mars 1897, examiner les principales pièces dans les magasins du Musée de Calcutta; mais les conditions d'éclairage étaient si mauvaises que nous nous sommes surtout Musée de Lahore. — Un tel accroissement permet, dès à présent, à l'Imperial Museum de le disputer pour la richesse en ce genre d'antiquités avec le Musée de Lahore, si même il ne fait pas perdre à ce dernier la suprématie qu'il devait à sa proximité des lieux de fouilles. La vieille collection provinciale, héritière du Musée de Pêshawar¹ et rendez-vous naturel de toutes les sculptures dont il était fait hommage au gouvernement de Penjâb par ses divers fonctionnaires, continue d'ailleurs à présenter le plus vif intérêt². Il est fort à souhaiter que nous en possédions quelque jour un catalogue qui débrouille, autant que faire se peut, la masse confuse de ces documents; mais nulle part ne se fait mieux sentir le défaut de tout renseignement précis sur l'origine de la plupart des sculptures.
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¹ Depuis la constitution de la nouvelle « North-West Frontier Province », dont le chef-lieu est à Pêshawar, il est question de rétablir ce musée local.
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² Nous l'avons trouvée (1896-1897) transportée dans la vaste salle qui lui a été affectée dans les bâtiments du nouveau musée et en voie d'arrangement sous l'intelligente direction de M. F.-H. Andrews (cf. *Civil and Military Gazette*, Lahore, 5 août 1897).
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C'est à peine si nous pouvons tout d'abord discerner un vieux fonds, composé d'un millier de spécimens, dont les principaux ont été décrits par Cunningham dans une liste imprimée³. Il en a retenu, sur le nombre, environ une centaine, dont les numéros vont de 1 à 941; mais il mentionne à peine l'endroit de la découverte pour deux ou trois d'entre eux. Les archives manuscrites du Musée ne sont qu'en de rares occasions plus explicites. Incidemment, quelques actes de naissance sont fournis par l'article de Löwenthal dans le *Journal de la Société asiatique de Bengale* (1863). Pour le restant, il faut nous contenter de savoir qu'il est originaire du « pays des Yoûsoufzaïs ».
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³ *Descriptive List of the principal Buddhist sculptures in the Lahor Museum* (sans date); cette liste ne doit pas être confondue avec la *Descriptive List of selected Buddhist sculptures in the Lahor central Museum* (*Panjab Gov. Gazette*, Supplement, 27 juillet 1873), par le même, où ne sont énumérés que 50 spécimens,
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servi pour cette partie de la collection des photographies prises par M. A.-E. Caddy.
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Lahore eut aussi sa part des libéralités du major Cole¹ : quarante-trois caisses lui furent allouées (1884). Leur contenu, provenant en majeure partie de Sanghao et de Nathou, est numéroté d'environ 1030 à 1230. Puis intervient une lacune volontaire dans le dénombrement ; il ne reprend qu'à partir de 2,000 pour mieux mettre à part les 400 sculptures, ou environ, qui forment le groupe de Sikri (1889). Au total, on ne compte pas moins de 1,700 morceaux divers, pour la plupart fragmentaires; il faut signaler en plus les moulages exécutés au passage par M. F.-H. Andrews d'après une partie de la première collection Caddy (nov. 1895).
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¹ H. COLE, *Third Report*, p 22, et *App. S*, p. CXLIV.
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AUTRES COLLECTIONS INDIENNES. — Il va de soi que, si, pour l'étude de l'art du Gandhâra, les deux Musées de Lahore et de Calcutta rivalisent ensemble, ils sont eux-mêmes sans rivaux. C'est tout juste si le Musée de Lakhnau contient quelques spécimens de pur style gréco-bouddhique noyés parmi les importantes découvertes de Mathurâ. Au Musée de Delhi nous avons trouvé, outre quatre statues dont une de femme, quelques têtes de pierre ou de chaux et une vingtaine de fragments de bas-reliefs. D'autres morceaux se sont quelque peu égarés, par les soins du major Cole, au nombre de 80 à Bombay, de 130 à Madras et de 21 à Rangoun; les premiers proviennent en majorité de Babouzai et de Mîr-Jahan, les seconds de Mala-Tangai, près de Miyân-Khân, et les derniers de Chinglai, près de Sanghao. Mais aucune de ces collections ne vaut, à beaucoup près, celle du *Queen's own Corps of Guides* à Mardân. Plusieurs des six statues adossées aux murailles ou des vingt-six bas-reliefs encastrés dans la cheminée nouvelle du mess² comptent
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² On trouvera une photographie de cette cheminée dans le *Tour du Monde*, 1899, p. 541 (ou édit. à part, fig. 9), et
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ni la *Descriptive List of photographic negatives of Buddhist sculptures in the Lahor Central Museum*, par J. L. KIPLING, Lahore, 16 novembre 1889. Sur le travail de préparation d'un certain nombre de moulages d'après ces mêmes sculptures, cf. J.-L. KIPLING, *Report on the Lahor Central Museum*, dans *Panjab Gov. Gaz.*, *Suppl.*, 21 juin 1877.
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assurément parmi les chef-d'œuvres de l'école du Gandhâra. Trois ou quatre notamment de ces derniers, qui passent pour avoir été achetés à un homme du Bounêr, sont de pures merveilles de finesse et de goût; les autres proviennent de fouilles faites « quelque part dans le district » par les amateurs du régiment.
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Collections anglaises. — Si nous continuons à présent nos recherches en dehors de l'Inde, nous serons étonnés de la pauvreté des musées là même où l'on s'attendait à les trouver le mieux pourvus, à savoir en Angleterre. Cela tient à plusieurs raisons. Tout d'abord la première collection qui y avait été apportée a été détruite, comme nous avons dit plus haut, dans l'incendie du Crystal Palace (1866). Une autre, plus importante et composée par Cunningham de morceaux de choix, périt en 1885, au large de Ceylan, dans le naufrage de l'Indus. Mais surtout les nombreux envois faits en Angleterre s'éparpillent dans des maisons particulières. La plupart même des objets du Gandhâra exposés à l'Indian Museum de Kensington (Londres), si l'on excepte vingt-quatre sculptures sur pierre et une cinquantaine de moulages, ne lui sont que temporairement prêtés; il en résulte, ainsi que nous avons pu le constater, que leur nombre et leur nature sont des plus variables. Les vitrines 58 à 76 de la salle Asiatique du British Museum (North Gallery, Room III) sont surtout meublées par des dons de Fergusson, Cunningham, W. Franks, etc., auxquels sont venus s'ajouter, outre certaines acquisitions, ceux du colonel Deane (provenant de Kafirkot, Swât, 1899) et de M. S. Waterfield (1902). Une quinzaine d'échantillons se rencontrent encore à l'Université d'Édinbourg et une demi-douzaine d'autres ont été acquis
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cf. ici même les figures 131, 151-152 et 155-156, dont il y a lieu, à notre avis, de rapprocher les figures 162 et 276, apparemment demeurées entre des mains privées, et les figures 22 et 179, qui sont parvenues au British Museum. Pour la plupart de ces bas-reliefs, nous nous sommes servi encore des clichés de M. A.-E. Caddy, qui a pu les photographier avant qu'ils ne fussent dispersés ou engagés dans la maçonnerie de ladite cheminée artistique.
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par le Fitz William Museum de Cambridge. Les galeries privées, si elles étaient toutes accessibles, fourniraient un contingent autrement considérable et non moins intéressant. Que ce ne soit pas là une affirmation en l'air, on l'a pu voir tout dernièrement quand M. J. Burgess a obtenu de la générosité éclairée de M. Dames et du colonel Mainwaring l'autorisation de faire photographier leurs richesses; chacune des deux séries de photographies nous montre une cinquantaine de morceaux divers, représentant pour la plupart des motifs déjà connus, mais parfois avec de très curieuses
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FIG. 4. — PLAN DU PRÉCÉDENT (cf. fig. 3).
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variantes (cf. fig. 158 et 284). Nous pouvons ajouter que la collection de M. Dames est conservée à Enfield et celle du colonel Mainwaring à Upwey¹. Quant à celle, jadis très libéralement ouverte, de feu le Dr Leitner à Woking, elle vient de passer, originaux et moulages, au Musée d'Ethnographie de Berlin².
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¹ Sur cette dernière, voir d'ailleurs *The Gandhâra Sculptures, a Symposium*, by lieut.-col. F. G. L. MAINWARING, Dr J. BURGESS, H. COLLEY MARCH, prof. KAKASU OKAKURA, dans *Proceedings*, Dorset Natural History and Antiquarian Field Club, XXXIV, p. 93, Dorchester, 1903 (avec une planche). M. J. Burgess a eu la bonté de nous donner communication de cette plaquette et de ces photographies.
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² Le catalogue imprimé (*A short Catalogue of the contents of the Leitner Museum at Woking, with illustrations*, Woking, 1902) énumère, sous la rubrique «Sculptures gréco-bouddhiques et indo-bactriennes», non moins de 387 spécimens, sans compter une centaine d'autres dont il existe une liste lithographiée.
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Collections continentales. — Si nous traversons le détroit à sa suite, nous constatons que, pour user de l'euphémisme anglais, un certain nombre de sculptures du Gandhâra ont ainsi «trouvé le chemin » des musées de Paris, de Berlin et de Vienne. Le Musée d'Art et d'Industrie de cette dernière capitale se serait procuré les spécimens qu'il en possède par l'intermédiaire du Dr Leitner; une liste en a été publiée (1). Des 63 numéros dont se contentait, avant sa récente acquisition, le Musée d'Ethnographie de Berlin, M. A. Grünwedel a également donné un excellent catalogue et de nombreuses reproductions (2); les neuf premiers seraient originaires de Takht-î-Bahai et les autres du Swât; il faut y ajouter quinze moulages. Le Louvre compte 108 sculptures originales. Neuf lui ont été données par le prince de Sleswig-Holstein, comte de Noër; leur provenance exacte n'est pas connue. Le reste — à savoir, d'une part, huit statues ou statuettes, douze fragments de statues et cinquante-deux bas-reliefs en pierre, et, d'autre part, vingt-sept têtes ou bustes en mortier de chaux — lui a été attribué par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, à la suite de notre mission dans l'Inde (3). La plupart ont été ramassés sur d'anciens terrains de fouilles abandonnés, notamment à Shâhbâz-Garhî et dans la vallée du Swât. Ils ont fait l'objet, dans les Monuments et Mémoires, d'une étude accompagnée de reproductions photographiques (4).
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RECUEILS. — Ceci nous amène à nous demander si le travailleur européen peut du moins suppléer par de bons albums de planches, représentant les sculptures restées dans l'Inde, à la pauvreté des musées d'Angleterre et du continent. Il n'y aurait pas beaucoup d'illusions à se faire sur ce point. Tout d'abord, la liste de ces publications est fort courte. La première en date est celle des trente héliogravures que le major Cole a consacrées au produit de ses fouilles¹, et dont les plus intéressantes ont été depuis rééditées par M. J. Burgess. C'est encore à ce dernier que nous devons les deux plus importants recueils². Malheureusement la plupart des photographies de l'Inde sont parvenues en Europe sans être accompagnées des renseignements les plus indispensables sur le lieu de conservation et les dimensions respectives des sculptures qu'elles représentent; M. Burgess n'a pu que les éditer dans les conditions où lui-même les avait reçues. Si grand que soit le service ainsi rendu par lui à nos études, il ne saurait donc dispenser de l'examen direct des monuments, ni même de la quasi-exploration des musées. Comment deviner autrement que presque toutes les intéressantes scènes reproduites, par exemple, sur les planches 79, 80, 88, 95, 99, 101, 102 et 146-150 des *Ancient Monuments of India*³ sont visibles et mesurables à Calcutta? Ou encore comment débrouiller la provenance si mêlée des trente-huit figures qui illustrent le n° 69 du *Journal of Indian Art and Industry*⁴? Enfin l'on ne tirerait pas un meilleur parti des quelques reproductions isolées qu'il est loisible de signaler¹.
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¹ *Alt- und Neuindische Kunstgegenstände aus Prof. Leitner's jüngster Sammlung*, K. k. österr. Museum für Kunst und Industrie, Wien, 1883. Nous devons à l'obligeance de M. Grünwedel la communication de cet opuscule qui décrit brièvement 27 sculptures originales et 87 moulages pour la plupart exécutés d'après les monuments conservés à Lahore.
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² A. GRÜNWEDEL, *Buddhistische Kunst in Indien*, 2e éd., Berlin, 1900 (Anhang III, p. 198).
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³ *Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres*, séance du 22 avril 1898. Cf. *Nouvelles archives des missions scientifiques et littéraires*, t. IX, Paris, 1898, p. 551.
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⁴ *Sculptures gréco-bouddhiques (Musée du Louvre)*, dans *Monuments et mémoires publiés par l'Académie des inscriptions et belles-lettres (fondation Eugène Piot)*, t. VII, Paris, 1900, avec 2 planches héliogravées et 9 figures dans le texte. Le catalogue de la collection a été dressé.
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¹ H. COLE, *Græco-Buddhist sculptures from Yúsufzai*, 1885. Dix-sept de ces planches ont passé dans les *A. M. I.* (pl. 89, 93, 100 et 112-125) et deux dans le *J. I. A. I.*, 1898 (pl. 20-21). Cf. la note suivante.
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² J. BURGESS, *The ancient monuments, temples and sculptures of India*. Part I, *The earliest monuments*, Londres, Griggs, 1897; les planches 69 à 151 sont consacrées à l'art gréco-bouddhique. — *The Gandhára sculptures*, dans le *Journal of Indian Art and Industry*, vol. VIII, n°s 62-63, avril et juill. 1898, avec 25 planches, et n° 69, janv. 1900, avec 28 illustrations dans le texte.
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³ Les 83 planches gréco-bouddhiques que contient l'album des *A. M. I.* se décomposent ainsi : *a*. 17, d'après celles de Cole (cf. l'avant-dernière note); *b*. 28, d'après des photographies conservées à Calcutta et à l'India Office, à Londres (cf. *List of photographic negatives of ancient buildings and antiquities in the Imperial Museum, Calcutta*, 1890) : ce sont les planches 69, 76-80, 82-84, 88, 92, 95, 98-99, 101-108 et 146-151; *c*. 33, d'après des photographies de Lahore (cf. *List of [233] photographic negatives of Buddhist sculptures in the Lahor Central Museum*, 1889) : ce sont les planches 70, 81, 85-87, 90-91, 94, 96-97, 109-111, 126-145; *d*. 5, d'après des photographies de Berlin (71-75).
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⁴ Les originaux de ces 38 figures sont ainsi répartis : *a*. Collection des Guides à Mardân, 5-8, 31-32; *b*. Calcutta, 1, 4, 9, 11-12, 22-23, 25-27, 29, 34-38;
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¹ Rappelons ou prévenons qu'on en trouvera encore dans le J. A., 1890 et 1903; J. A. S. B., 1852 et 1889; J. R. A. S., 1899; J. R. I. B. A., notamment 3e série, t. I, 1893-1894; Tour du Monde, 1899; Globus, mars 1899 et janvier 1902; Dr LEBON, Les Monuments de l'Inde, Paris, 1893; J. BURGESS, Buddhist Stûpas of Amarâvatî and Jaggayyapeta, etc. Enfin M. F.-W. THOMAS nous a révélé l'existence à la bibliothèque de l'India Office, à Londres, d'épreuves photographiques d'après la plupart des clichés énumérés dans la List of photographic negatives of indian antiquities in the collection of the Indian Museum, with which is incorporated the List of similar negatives in the possession of the India Office, Calcutta, 1900 (cf. p. 31, n. 3).