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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c5.s4.6

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c5.s4.6

Language
French

v1.c5.s4.6

Il est en effet permis de douter — et cette raison encore peut servir à diminuer nos platoniques regrets — de l'existence de nuances locales. Quand Cunningham veut nous donner une idée des sculptures de Kharkai, il écrit en toute ingénuité « qu'elles sont semblables à celles que l'on a trouvées partout ailleurs »(1). C'est là le fait vulgaire sur lequel il serait prématuré de raffiner. Entre tous les fragments gréco-bouddhiques qui remplissent le Musée de Lahore, nous avons constaté de très grands écarts d'exécution, mais non de véritables distinctions de style. La contre-épreuve est aisée; même quand nous connaissons l'origine des sculptures, nous ne voyons rien de plus pareil aux bas-reliefs de Sanghao que ceux de Nathou, à moins que ce ne soient ceux de Miyân-Khân. Aussi n’a-t-on jamais prétendu jusqu’ici relever entre ces œuvres d’art autre chose que des différences dues au temps et non au lieu où travaillait l’artiste. La même réserve se recommande à tous ceux qui voudront bien se rappeler — et c’est ici que nous voulions en venir — que les divers sites fouillés, pour indépendants qu’ils soient, sont tous voisins les uns des autres, au point qu’on ne compte pas vingt lieues entre les plus éloignés. Le monotone aspect de ces œuvres s’explique, par suite, de lui-même : à quelques milles de distance, on ne peut s’attendre à trouver aux mêmes époques des procédés bien différents. Si l’on songe que toutes nos sculptures, à deux ou trois exceptions près, proviennent du district de Pêshawar ou de ses confins immédiats, on ne nous contestera plus le droit d’en tirer des conclusions valables pour ce qui est justement le Gandhâra.

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