L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s1.t2.4
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s1.t2.4
- Language
- French
v1.c6.s1.t2.4
Pourtant, quand Hiuan-tsang, arrivé en Bactriane et rencontrant à chaque pas de ces monuments de style indien, s’en fait expliquer l’origine, le conte édifiant qu’il a recueilli nous laisse une tout autre impression. En ce temps-là le Buddha, après avoir donné aux deux marchands qui furent ses premiers disciples laïques, une boucle de ses cheveux et des rognures de ses ongles, leur enseigna encore la façon de vénérer ces reliques. Il prit ses trois vêtements, les plia chacun en carré et les empila sur la terre, en commençant par le plus grand et en finissant par le plus petit; puis, retournant son bol à aumônes (*pâtra*), il le plaça par-dessus et planta sur le tout son bâton de mendiant (*khakkara*) : « C'est ainsi, dit-il, qu'on fait un *stûpa* », et tel en aurait été le premier modèle. Or nous retrouvons bien dans cette singulière construction le dôme hémisphérique, représenté par le bol renversé : mais il est à présent intercalé entre un soubassement formé de trois terrasses quadrangulaires rentrantes et un long pinacle pointu. Si nous lisons enfin dans les extraits des mémoires de Song Yun et de Tao-yo les renseignements détaillés qu'ils nous donnent de visu sur le fameux *stûpa* de Pêshawar, nous nous sentons transportés encore bien plus loin de la forme originelle du tumulus : ses sept cents pieds de hauteur, ses treize étages, ses escaliers montant jusqu'au sommet, l'enfilade de disques dorés qui le surmonte, tout cela suggérerait bien plutôt l'idée d'une tour de Babel¹. Lequel de ces trois textes devons-nous en croire?