L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s2.24
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s2.24
- Language
- French
v1.c6.s2.24
fourni un modèle très décoratif¹. Nous aurons aussi l'occasion de voir fréquemment des portes s'ouvrir à deux battants dans les murs d'une ville (fig. 31; cf. 139-140, 183, 229, 234, 250, 269, 288-289, 292, etc.). Nous ne pouvons nous arrêter ici au dessin des créneaux, ni des tours, ni même de ces curieuses meurtrières en fer de lance qui, paraît-il, ajourent encore les ruines de la vieille forteresse de Chahilbourj, dans la haute vallée de la rivière de Balkh¹; mais nous devons constater que toutes ces portes sont taillées à peu près sur le même patron et présentent une tendance plus ou moins marquée à aller s'élargissant par en bas. Depuis longtemps Fergusson a émis l'idée que l'inclinaison des jambages des plus vieilles portes indiennes devait dériver de la primitive architecture en bois². Ainsi qu'on le voit encore sur les façades rocheuses des grottes du Magadha (cf. fig. 33), les lignes des ouvertures suivaient tout naturellement celles des poteaux qui soutenaient le toit. A mesure que l'on substituait à ces supports des assises de pierre de plus en plus voisines de la perpendiculaire, la même loi de parallélisme a fait que les jambages se sont peu à peu redressés avec elles. On peut transporter à l'Inde du Nord l'application de cette théorie et observer tout de suite que les entrées des temples kaçmîris sont devenues parfaitement rectangulaires (fig. 55-56), comme d'ailleurs l'étaient déjà les baies de plus d'un vihâra de Takht-î-Bahai (fig. 45-46). Mais, sur la plupart de nos exemples figurés, les portes et les encadrements affectent encore, sans doute sous l'influence du vieux goût indien, une forme nettement trapézoïdale. De spécimen réel, à notre connaissance, nous n'en possédons plus. Il y avait bien, au printemps de 1896, près du fort de Chakdarra, un petit vihâra muni d'une porte de ce genre; mais, à l'automne de cette même année, il avait déjà été détruit par les entrepreneurs du Military Works Department, et ses pierres ont servi à refaire l'un des ponceaux de la route du Chitrâl. Il n'en reste plus que les photographies que M. A.-E. Caddy avait eu l'utile précaution de prendre (cf. fig. 32). Les moulures du chambranle et surtout du linteau surplombant, qui rappellent en plus mesquin certains modèles d'Asie Mineure(1), auraient dû lui valoir un meilleur sort.