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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s2.t1: § II. Le vihâra à toit courbe

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s2.t1

Language
French

§ II. Le vihâra à toit courbe

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A présent que nous sommes familiarisés avec ces détails techniques, il nous sera plus aisé de passer rapidement en revue les monuments qui subsistent et d'en restituer l'aspect primitif. Par *vihâra*, il faut justement entendre, au point de vue architectural, un de ces édifices pourvus intérieurement d’une coupole et extérieurement d’un toit de forme pyramidale ou arrondie. Nous nous occuperons d’abord de ce dernier genre, qui est de beaucoup le plus répandu. Il n’y a pas lieu d’insister sur sa division en deux variétés distinctes, selon que son plan, à la base, est circulaire ou carré; nous venons de voir que les architectes du Gandhâra savaient élever, sur ces soubassements différents, une superstructure identique. A un autre point de vue, il y aurait toutefois des

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FIG. 41. — MODÈLE DE VIHÂRA À DOUBLE DÔME. Collection privée. Hauteur : 0 m. 13.

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distinctions à faire parmi ces chambres voûtées. Celles que recèle la terrasse de Sanghao (fig. 36) étaient, sans doute, des celliers. Celles qui avoisinent le stûpa de Top-Darra étaient apparemment des cellules. Celles de la première cour de Takht-î-Bahai (fig. 45) étaient sûrement des chapelles. Nous réserverons enfin le nom de temples pour les édifices isolés, pareils à ceux que nous avons rencontrés au Swât, dans la passe de Chârkotlaï ou aux abords de celle de Chêrat (fig. 38 et 39). Ce sont des tours rondes à l’extérieur comme à l’intérieur, et mesurant jusqu’à 5 et 6 mètres de diamètre. Toutes deux ont perdu leur porte (la preuve que celle-ci était cintrée a cependant survécu à Chârkotlai); mais l'une a gardé ses deux fenêtres et l'autre une des deux niches qui encadraient son entrée. Nous voyons bien encore, ici, qu'un escalier extérieur montait au sommet, là, que des modillons de pierre soutenaient la corniche; malheureusement, leur dôme à toutes deux s'est écroulé. Force nous est donc, comme à propos du stûpa, de nous adresser aux reproductions des bas-reliefs, si nous voulons faire connaissance avec la silhouette complète de ces édifices.

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[Figure: FIG. 42. — MODÈLES DE CABANES ET DE TEMPLES. a et b. D'après les bas-reliefs de Barhut (CUNNINGHAM, pl. XLII-XLIII et XVI). c. D'après le n° 560 du Musée de Lahore (Gandhâra). d. D'après une sculpture rupestre des Sept-Pagodes, près de Madras.]

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LE DOUBLE DÔME. — Heureusement il n'est pas difficile, avec un peu d'attention, de relever parmi les sculptures actuellement connues plus d'une représentation de vihâra isolés. Sur deux bas-reliefs du Musée de Lahore, l'auteur — car ils sont de la même main — a placé à côté d'eux des moines en méditation, comme s'il tenait à joindre son témoignage à celui des fouilles pour nous attester le caractère bouddhique (nous ne disons pas : exclusivement bouddhique) de ces monuments (fig. 40). Est-ce la peine de faire observer que le dédain des proportions n'est pas moindre ici que tout à l'heure, quand il s'agissait de figurer des *stûpa* (cf. fig. 22-24)? Nous ne serions même pas surpris que la pseudo-tour, ronde et sans ouverture, représentée la première, en haut et à droite, ne fût qu'un simple reliquaire; et pourquoi, en effet, l'artiste se serait-il fait davantage scrupule de donner à une boîte qu'à un temple la taille d'un moine accroupi? L'important pour lui est de meubler toute la hauteur de sa minuscule frise. Si nous concentrons notre attention sur le couronnement des véritables édifices, nous constatons que c'est un dôme arrondi et surmonté d'un champignon, ou, plus volontiers, un double dôme. Dans ce

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FIG. 43-44. — HUTTE D'ANACHORÈTE BRAHMANIQUE ET TEMPLE DU FEU. Musée de Lahore, nºs 2288 et 2230. Provenant de Sikri. Hauteur : 0 m. 12.

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dernier cas, une seconde calotte de moindre dimension, mais de ligne moins écrasée, est superposée à la première, comme si l'architecte s'était repris à deux fois pour couvrir le vide de sa bâtisse (voir fig. 42 *c* et 44). Mais le spécimen de tous le plus net et le plus complet est celui que nous avons pu photographier à Mardân (fig. 41). Ici le temple carré est juché, comme un *stûpa*, sur une terrasse entourée d'une balustrade et flanquée de quatre colonnes, à laquelle on accède par un escalier vu en raccourci. Porte, fenêtres, corniche, courbes du toit, tout semble étudié avec une minutieuse précision; on distingue même, dans le tambour circulaire qui sépare les deux dômes, le détail nouveau d'une étroite ouverture.

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Ainsi les lignes essentielles de l'édifice nous seraient rendues par ce bas-relief avec la clarté et la précision d'un croquis d'architecture. C'est aux architectes qu'il appartient de l'interpréter; mais son simple examen n'est déjà pas sans profit pour les plus profanes. Il nous fera, par exemple, reconnaître dans le n° 360 de Lahore (fig. 75), non pas un dôme de stûpa, comme il a été parfois libellé, mais bien le double dôme très décoré d'un temple. Il nous autorise déjà à restaurer avec assez de sûreté, sinon le faîte des vihâra isolés de Chêrat et de Chârkotlai (fig. 38-39), — notre présomption n'est pas si grande! — du moins, celui des grandes chapelles de Takht-î-Bahai (fig. 45-46), qui ne sont autres que des vihâra alignés côte à côte. Relativement bien conservées, celles-ci, à leur tour, ne nous permettent pas seulement d'entrevoir, par l'ouverture béante de leurs façades écroulées, le jeu qui nous est déjà familier des encorbellements et des assises horizontales de leurs angles et de leurs voûtes : elles nous renseignent encore sur l'exécution intérieure de leur double dôme. Il n'y a guère à douter qu'ici la coupole inférieure n'ait été complètement fermée par en haut. Le second dôme (et on en pourrait dire autant du tambour qui lui servait de support) n'était donc qu'une superfétation, uniquement faite pour agrémenter en l'exhaussant la silhouette de l'édifice. S'il est creux, comme sûrement il l'était, la seule fonction de cette chambre noire est d'alléger d'autant le poids de maçonnerie que la première calotte avait à supporter; encore ce poids est-il resté le plus souvent trop lourd pour elle, ainsi que l'a prouvé l'événement. Telles étaient les dispositions adoptées dans les étroites chapelles (les plus grandes n'ont pas 2 mètres de côté) de Takht-î-Bahai; dans les temples de dimensions plus considérables et où les fidèles pouvaient avoir accès à l'intérieur pour la circumambulation de la statue, il est vraisemblable qu'on en observait d'un peu différentes. Du moins, à Chârkotlai (fig. 39), nous avons cru constater au sommet de la première coupole les vestiges d'un orifice circulaire qui devait la mettre en communication avec la seconde. Vue de l'intérieur, celle-ci aurait eu, si l'on peut dire, l'aspect d'une sorte de lanterne aveugle. En certains cas, une petite baie pratiquée dans le tambour intermédiaire, à la façon de celle que porte la figure 41 — l'ordinaire étranglement de la maçonnerie en cet endroit rendait l'opération aisée — pouvait avoir pour effet, à défaut de lucarnes percées dans le dôme lui-même, d'y répandre quelque demi-jour.

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FIG. 45. — SPÉCIMENS DE VIHÂRA ACCOLÉS. Vue du côté est de la cour du stûpa de Takht-i-Bahai.

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L'ORIGINE DU VIHÂRA À TOIT COURBE. — Si nous n'abordons ces questions de métier qu'avec des hésitations bien compréhensibles, nous ne craindrions pas en revanche de nous montrer plus affirmatifs sur celle des origines du vihâra. Tout d'abord, il va de soi qu'au Gandhâra, il est de provenance indienne. Outre que nous ne voyons rien dans ce genre d'édifices qui rappelle l'Occident, nous en trouvons déjà de pareils figurés sur les plus vieux bas-reliefs du centre de la péninsule. C'est dans un de ces sanctuaires à double dôme, seulement muni d'un portail plus vaste, qu'à Barhut les dieux déposent la précieuse coiffure du Bodhisattva (cf. fig. 42 *b*, et fig. 186). Craindrait-on que ce style ne fût localisé dans l'Inde centrale? Il nous suffit d'emprunter la preuve du contraire aux sculptures rupestres des « Sept Pagodes », dans le sud de Madras (fig. 42 *d*), sans parler des temples qui leur ont valu ce surnom¹. Un type architectural à la fois aussi ancien et aussi répandu était-il

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¹ Fergusson a bien eu le sentiment (*Hist.*, p. 105, 135, 175 et 330) que les fameux *rath* sculptés dans les rocs de Mahavellipour procèdent du même style que les *vihâra* bouddhiques : mais il n'a pu pousser le rapprochement, faute de documents, et la question serait à reprendre.

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[Figure: FIG. 46. — ESSAI DE RESTAURATION DE VIHÂRA ACCOLÉS. Côté ouest de la cour du stûpa de Takht-i-Bahai. Modifié d'après CUNNINGHAM, A. S., V, pl. IX. — Cf. A. M. I., pl. 69.]

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même spécial aux Bouddhistes? Les sculpteurs du Gandhara ne le pensaient pas : comme ils nous les ont montrés encadrés de moines (fig. 40), ils nous les présentent ailleurs entourés d'anachorètes brahmaniques (fig. 44). L'occasion même de ces représentations nous permettra plus bas de reconnaître dans l'édifice en question, de la façon la plus précise, l'*agni-çaraṇa*², « asile » ou « séjour du feu » sacré. De leur côté, les sculpteurs de Sânchi ne se font pas scrupule de donner exactement le même aspect au temple du feu des Kâçyapas et au *vihâra* où le Buddha est censé recevoir la visite du roi des dieux en personne (¹). En résumé, non seulement

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² *Mahâvastu*, III, p. 429 : on dit aussi *agny-âgâra*, *agni-çâlâ*, etc. Pour un autre spécimen, voir Musée de Lahore, n° 464 (*Naogrâm*, haut. : 0 m. 58) dans A. M. I., pl. 131, etc.

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FIG. 47. — ARCHE TRIFOLIÉE : PIGNON DE STÛPA (cf. fig. 70-72). Musée de Lahore, n° 144. Hauteur : 0 m. 54.

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ce genre d'édifices était foncièrement indien, mais — nous avons sur ce point le témoignage irrécusable des Bouddhistes eux-mêmes — pas plus que le *stûpa*, il n'était leur apanage particulier : ils en

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(¹) FERGUSSON, pl. XXXII et XXIX, 1.

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avaient hérité du passé, en commun avec les « hérétiques », et l'avaient simplement adapté à leurs besoins religieux.

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Veut-on aller plus loin encore et se demander d'où provenait dans l'Inde même ce style si particulier? Rien ne serait plus aisé que de suivre sur les bas-reliefs toute l'histoire de son développement. Même au hasard de nos illustrations, il nous est possible d'en marquer ici les principales étapes. Le point de départ est dans la hutte primitive, au toit arrondi et couvert de feuillage, que les anachorètes brahmaniques ont sans doute empruntée aux plus sauvages habitants des bois. Il n'est pas sans elle de représentations d'ermitages sur les sculptures de Barhut (cf. fig. 42, a) ou de Sânchi (ex. fig. 142). A Amarâvatî même, le feu sacré des Kâçyapas se contente encore comme sanctuaire d'une de ces cabanes (fig. 228). Selon la remarque de M. Senart (cf. p. 99), l'habitation du fidèle vaut aussi pour le dieu : agrandissements et embellissements viendront ensuite. Sur le premier bas-relief cité de Sânchi, le temple du feu se distingue déjà des huttes voisines par sa hauteur et la décoration de son toit arrondi. Voyez encore à Barhut comment au simple dôme du plus ancien spécimen de vihâra bouddhique, désigné ici par son synonyme kuṭi (fig. 240), le double dôme a tôt fait de se substituer (fig. 42 b). Et l'histoire se répéterait trait pour trait au Gandhâra. Les parṇa-çâlâ ou cabanes de feuillages n'y sont pas non plus inconnues : le prince Viçvantara, devenu ermite, n'était-il pas censé avoir bâti la sienne sur la colline de Shâhbâz-Garhî? Les bas-reliefs nous la montrent (fig. 144), naturellement toute pareille à celle des autres anachorètes (fig. 43; cf. fig. 143, 189-191). S'agit-il pour eux de représenter à leur tour et à leur manière le miracle de la conversion des Kâçyapas, l'agniçaraṇa, au gré du sculpteur, prendra toutes les formes intermédiaires entre la cabane la plus rudimentaire (fig. 224-225) et le temple le plus achevé (fig. 44). De son côté, la figure 40 nous permet de suivre les mêmes progrès dans l'exhaussement et le dédoublement du dôme chez les vihâra bouddhiques. Arrivés au terme, nous comprenons mieux pourquoi, jusque sur les spécimens les plus soignés (fig. 41 ou 75), le toit a gardé une bizarre décoration en imitation de feuilles : c'est un rappel de l'humble couverture de la *parṇa-śālā* originelle qui, pieusement, persiste sur son dérivé de pierre aux temps de sa plus grande splendeur.

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L'ARCHE TRIFOLIÉE. — Il y a également intérêt à nous servir, sans tarder davantage, de ces diverses reproductions pour élucider ce qui nous paraît être l'origine évidente d'un motif décoratif des plus

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FIG. 48. — FRAGMENT D'UN PIGNON DE STÛPA. Musée de Calcutta. Provenant de Loriyān-Tangai. Hauteur : 0 m. 60.

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importants. Imaginons en effet que nous prenions par le milieu une section verticale d'un de ces édifices à double dôme : nous obtenons immédiatement une sorte d'arche trifoliée montée sur deux jambages plus ou moins droits. Examinez d'un peu près la figure 47 : vous verrez que rien n'y manque, ni le soubassement traité comme un encadrement de porte trapézoïdale, ni la ligne surbaissée de la première coupole, ni l'intervalle nettement marqué entre les deux dômes, le tambour circulaire qui les sépare étant naturellement figuré par un bandeau droit. Qui sait même si, dans certains cas, l'arc ou le double arc (fig. 48) représenté à l'intérieur de la plus haute coupole, encore que son rôle décoratif soit des plus apparents, n'avait pas pour pendant dans la réalité une voûte supplémentaire de décharge? Mais il y a mieux encore; on pourrait reprocher à l'opération proposée, si frappant qu'en soit le résultat, d'être une fantaisie purement imaginaire : voici que nous en saisissons sur le vif la mise en pratique par nos sculpteurs. Certaines stèles richement fouillées du Gandhâra sont en effet traitées comme autant de chapelles ou de groupes de chapelles enfermant des idoles. Or, pour mieux mettre en valeur les statues, leurs auteurs jettent bas tout ou partie de la moitié antérieure des édifices qui sont censés les abriter (cf. fig. 76-77). En d'autres termes, ils nous présentent justement la coupe que nous suggérions tout à l'heure et en tirent exactement le parti décoratif qu'il était aisé de prévoir, et que nous venons de commenter. Ainsi donc, non seulement l'arche trifoliée procède d'une section ou, ce qui revient au même, d'un simple dessin linéaire du vihâra à double dôme — il suffit sur ce point de s'en remettre au témoignage des yeux, — mais les artistes du Gandhâra avaient pleine conscience de cette origine et n'ont pas dédaigné à l'occasion de nous le laisser voir.

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Un autre trait ne nous paraît pas moins digne d'être souligné, au moins par quelques indications rapides. Nous voulons parler du degré surprenant auquel ce motif — là même où des acanthes, des sphinx, des tritons, etc., entrent dans son ornementation — a gardé l'empreinte de son origine indienne. Celle-ci ne se marque pas seulement dans la forme en fer à cheval si caractéristique de son arche. Que l'on compare tel spécimen des plus compliqués, provenant du Swât (fig. 48), à telle façade d'une des plus anciennes grottes du Magadha (fig. 33) : on sera surpris d'y retrouver non seulement la même disposition de la charpente intérieure et de la voûte, mais jusqu'au souvenir des poteaux quasipréhistoriques sur lesquels toute la construction de bois était jadis accotée. A la vérité, la figure 33 ne peut être considérée que comme la coupe d'un vihâra à un seul dôme. Un peu plus tard, une section transversale des temples souterrains à trois nefs, creusés dans les falaises rocheuses du Konkan et du Khandesh, ne manquerait pas

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FIG. 49. — RUINES D'UN VIHÂRA À TOIT ANGULEUX (cf. fig. 5c). Dans la passe de Gouniyâr (Swât).

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de fournir un profil très analogue à celui des vihâra avec dômes superposés et, par suite, à l'arche trifoliée. Enfin, si nous voulions descendre jusqu'à l'époque médiévale, c'est encore sous des porches trilobés que les sceaux d'argile de Bodh-Gayâ et plus d'une miniature népalaise nous montreraient des images du Buddha¹.

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¹ Pour toutes ces questions, qui tendent à sortir de notre sujet, il suffit de renvoyer à FERGUSSON, Hist., fig. 58 et 90 (temples-caves); CUNNINGHAM, Mahâbodhi, pl. XXIV (sceaux); Iconogr. bouddhique, pl. III, etc. (miniatures).

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Nous reviendrons plus loin sur le rôle considérable qu'a joué au Gandhâra l'arche trifoliée dans la décoration des murailles et des dômes des vihâra aussi bien que des stûpa (fig. 70-72, 75-81, etc.). Tout ce qui nous concerne pour le moment est le problème de son origine — lequel, on en conviendra, était bien une question d'architecture — et de son emploi architectonique, dont nous allons bientôt rencontrer des exemples probants. Disons mieux : nous en avons rencontré déjà. Sur le côté ouest de la cour du stûpa de Takht-î-Bahai, la grande chapelle médiane se termine, à la différence des autres, non point par le double renflement, mais par la section plane d'un double dôme. C'est dire qu'elle présente en façade une sorte de fronton ou de pignon trifolié (fig. 46). Comme pour souligner l'effet à produire, une niche à fond plat, ménagée dans le tympan, réédite le même motif. Enfin, si l'on s'en fiait aux photographies (cf. A. M. I., pl. 69), on n'hésiterait pas à penser que la baie du vihâra était conçue sur le même plan et épousait également les lignes de l'édifice. Toutefois, les architraves de ces chapelles ont si bien l'habitude de céder en leur milieu (cf. fig. 45) qu'il serait, croyons-nous, imprudent de considérer le trou qui se creuse à l'heure actuelle dans celle-ci comme la trace certaine d'une arche ancienne. Sur notre essai de restauration, nous n'indiquons donc qu'en pointillé la courbe supérieure du trèfle, qui reste douteuse : quand nous viendrons à parler du temple kaçmîri, il n'y aura plus à se laisser arrêter par aucun doute sur ce point.

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