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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s2.t2.17

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s2.t2.17

Language
French

v1.c6.s2.t2.17

Suivrons-nous jusqu'au bout le même plan que ci-dessus et pratiquerons-nous à son tour une section par le milieu de ce nouveau modèle d'édifice ? Tandis que le dôme dédoublé nous a fourni l'arche trifoliée, nous obtiendrons cette fois, ainsi que le croquis de la figure 51 aussitôt l'indique, un fronton droit et suraigu, mais inachevé. Une fausse architrave réunit en effet les deux rampants au tiers, aux deux cinquièmes, à la moitié, voire même aux deux tiers de leur hauteur normale : car ces diverses proportions, de plus en plus élancées, ont été tour à tour essayées. Il ne faudrait pas croire en effet que ce motif d'ornement, s'il n'a pas eu tout à fait la même fortune que l'arche trilobée, ne revienne pas souvent sous le ciseau des artistes du Gandhâra. Seul le fronton aigu complet est rare, mais non inconnu (cf. fig. 100). Quant au fronton coupé, nous en donnons tout de suite un spécimen caractéristique où les contours mêmes de la pierre sont taillés sur ce patron (fig. 52). Plus loin on en trouvera d'autres, tantôt servant pour ainsi dire de guérite à un personnage (fig. 164 b) et tantôt voulant visiblement figurer un intérieur d'appartement (fig. 160 et 234). Dans tous ces exemples, les deux rampants — comme c'est aussi le cas pour les arches décoratives — reposent, en guise de pieds-droits, sur des pilastres ou même des colonnes, hardiesse de décorateur qui ne prouve nullement, à notre avis, que les architectes eussent dès lors réalisé ce tour de force¹. Grands amateurs de variété, les sculpteurs se plaisent d'ailleurs à faire alterner, avec ou sans supports, les arches et les frontons qui se prêtent non moins volontiers à servir de niches ou de dais aux statues (voir fig. 77, 100, 161). Dans les stèles sculptées en manière de chapelles, dont nous avons déjà eu à nous occuper (p. 130), ils se sont vite avisés que l'espace compris entre les jambages sur lesquels repose l'arche trifoliée pouvait aisément, en raison de sa forme trapézoïdale, être traité comme un fronton coupé et s'évider pour recevoir la tête d'une statue. Une fois en si beau chemin, ils sont allés jusqu'à pratiquer des entailles du même dessin rectiligne là où elles sont assurément le moins à leur place, dans le dôme inférieur des petites chapelles à toit rond qui encadrent d'ordinaire sur ces stèles le sommet de l'arche centrale (fig. 76-78). Les architectes de l'Inde du Nord se seraient-ils laissé entraîner à imiter l'indifférence sans borne des sculpteurs pour la contamination des syles? S'il reste douteux qu'au Gandhâra ils aient jamais surmonté un fronton coupé d'un dôme, il est sûr qu'au Kaçmîr ils ne se sont pas fait faute d'inscrire l'arche trifoliée dans le fronton.