L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s2.t2: § III. Le vihâra à toit anguleux
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s2.t2
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- French
§ III. Le vihâra à toit anguleux
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Nous obtenons ainsi une suite logique et continue depuis la cabane à toit arrondi des plus anciens ordres religieux jusqu'aux temples à double dôme ou à pignon trifolié. Mais la question est plus complexe, et notre esquisse d'une étude du vihâra présenterait, si nous l'arrêtions là, une lacune des plus apparentes. Déjà à Takht-î-Bahai on n'a pu s'empêcher de remarquer, logés dans les intervalles qui séparent les grandes chapelles, des édicules qui présentent
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LÉGENDE
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A. Plan. B. Coupe suivant a-b C. Coupe suivant c-d. D. Détail de la Porte.
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ECHELLE 0 1 2 3 4 5 M.
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A. Plan. B. Coupe suivant a-b C. Coupe suivant c-d. D. Détail de la Porte.
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FIG. 50. — PLAN, COUPES ET DÉTAILS DU PRÉCÉDENT.
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un aspect tout différent. Si l'arche de leurs baies nous est déjà familière, en revanche leurs toits rectilignes en plan incliné ou en hotte de cheminée (voir fig. 45) suffisent à caractériser un type architectural nouveau. Or il existe également des échantillons isolés de ce style. Parmi les belles ruines bouddhiques qui se dressent à la tête du ravin de Gouniyâr¹, dans la vallée du Swât, un édifice à demi ruiné laisse encore deviner ou, pour mieux dire, impose à l'observateur la forme pyramidale de son faîte (fig. 49-50). L'extérieur est carré et l'intérieur est rond. Une sorte de couloir, bordé de murs bas, mène au portail voûté. En face une fenêtre à ouverture carrée, à ébrasement en même temps oblique et cintré, laissait également pénétrer la lumière. Quatre niches symétriques s'ouvraient dans l'épaisseur des murs que couronnait une coupole. C'était un temple, et, pouvons-nous ajouter, il n'est aucun de ces détails de construction par lequel il ne rentre dans la formule déjà étudiée du *vihâra*. Mais, vu du dehors, à partir de la corniche, tout change : l'arête rectiligne du faîte, dans le seul coin où elle subsiste, dessine avec le rebord un angle nettement marqué. C'en est assez pour prouver que l'édifice en question n'était sûrement pas recouvert d'un dôme, simple ni double, mais bien d'un toit à quatre pans inclinés. Il serait malheureusement difficile, dans l'état actuel du monument, de rien affirmer de plus. Les quatre pans, tous pareils, allaient-ils se réunir en pointe au sommet ? Étaient-ils au contraire coupés en un point de leur hauteur par un plan horizontal, à la façon d'un tronc de pyramide ? Ou enfin, semblables et dissemblables deux à deux, présentaient-ils en façade une ligne de faîtage à laquelle ils se raccordaient, les uns (en avant et en arrière) en forme de trapèzes, les autres (sur les côtés) en formes d'angles ? C'est ce que nous laisserions de plus experts le soin de décider si, par un heureux hasard, Cunningham n'avait relevé sur un bas-relief de Takht-î-Bahai la représentation d'une rangée de chapelles analogues (fig. 51). Sauf erreur de notre part, l’angle très ouvert de leur toit, dont l’inclinaison rappelle sensiblement celle de l’arête conservée de notre monument, fait pencher décidément la balance en faveur de la troisième hypothèse. Dans tous les cas, il nous paraît juste et raisonnable d’admettre que ce document contemporain — abstraction faite des lucarnes triangulaires dont la fantaisie du sculpteur a ponctué sa minuscule frise — nous rend fidèlement et de fond en comble la silhouette de ce nouveau type de *vihâra*.
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¹ Il existe au musée de Calcutta des photographies des ruines de Guniar (sic), dues à M. A.-E. Caddy (n° 970 *f* et *i* du *General List*).
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Si, après avoir constaté son existence, nous nous interrogeons sur son origine, nous aurons tout d’abord le sentiment d’être pris au dépourvu. Pas plus que tout à l’heure, l’Occident ne pourra nous aider à démêler la filiation d’un monument foncièrement
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FIG. 51. — MODÈLES DE VIHÂRA À TOIT ANGULEUX. Relevés sur un bas-relief trouvé à Takht-î-Bahai. Hauteur : 0 m. 025. D’après CUNNINGHAM, A. S., V, pl. IX.
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indien par toutes ses parties, sauf une seule : la forme extérieure de sa couverture. Mais, cette fois, il semble que l’Inde ne vienne pas davantage à notre secours pour expliquer la genèse d’un détail aussi insolite. Autant les spécimens de toits arrondis abondent sur sur les vieilles sculptures de Barhut et de Sânchi, autant ceux à chute rectiligne en sont totalement absents. Comment s’en étonnerait-on, alors que sur les édifices du bassin du Gange et du Penjâb ne règnent encore à l’heure actuelle que des couronnements curvilignes ou des terrasses horizontales? Ce toit à quatre pans inclinés que nous n’avons pas rencontré dans la plaine, le chercherons-nous dans la montagne? Le curieux de l’affaire est que nous l’y trouvons. D’un bout à l’autre de la zone, pluvieuse l’été, neigeuse l’hiver, de l’Himâlaya, c’est en effet cette disposition dite « à quatre eaux », qui semble avoir été de tout temps en usage dans les habitations les plus rustiques; c'est celle qu'ont conservée, avec ou sans superposition de toitures, les temples de Kathmandou comme les mosquées de Çrînagar. Personne ne songera à contester qu'elle soit le mieux appropriée aux nécessités locales, ni à s'étonner que
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[Figure: FIG. 52. — SPÉCIMEN DE FRONTON COUPÉ. Musée de Lahore, n° 61. Hauteur : 0 m. 33. D'après une photogr. du Musée.]
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les mêmes causes l'aient fait adopter dans des vallées aussi écartées que celles du Kaçmîr et du Népâl. Pour notre part, nous considérerions volontiers le faîte de Gouniyâr comme la reproduction en pierre de ces toits de bois dont le profil anguleux ne devait pas être moins familier aux yeux des montagnards que la rondeur des dômes de Takht-i-Bahai, par exemple, à ceux des gens du bas pays.
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Si l'on répugne à remonter jusqu'aux époques primitives et que d'autre part on se refuse à admettre la valeur des arguments tirés d'exemples modernes, le fait précis de la faveur dont a joui au Kaçmîr, pendant les dix premiers siècles de notre ère, ce type de bâtisses carrées coiffées d'un toit pyramidal en pierre (cf. fig. 55-56)
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FIG. 53. — ÉLÉVATION D'UN TEMPLE DU KAÇMÎR. Niche décorative du temple n° 2 de Patan.
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garantit à tout le moins l'acclimatation, sinon l'extraction himâlayenne de notre second type de vihâra.
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Suivrons-nous jusqu'au bout le même plan que ci-dessus et pratiquerons-nous à son tour une section par le milieu de ce nouveau modèle d'édifice ? Tandis que le dôme dédoublé nous a fourni l'arche trifoliée, nous obtiendrons cette fois, ainsi que le croquis de la figure 51 aussitôt l'indique, un fronton droit et suraigu, mais inachevé. Une fausse architrave réunit en effet les deux rampants au tiers, aux deux cinquièmes, à la moitié, voire même aux deux tiers de leur hauteur normale : car ces diverses proportions, de plus en plus élancées, ont été tour à tour essayées. Il ne faudrait pas croire en effet que ce motif d'ornement, s'il n'a pas eu tout à fait la même fortune que l'arche trilobée, ne revienne pas souvent sous le ciseau des artistes du Gandhâra. Seul le fronton aigu complet est rare, mais non inconnu (cf. fig. 100). Quant au fronton coupé, nous en donnons tout de suite un spécimen caractéristique où les contours mêmes de la pierre sont taillés sur ce patron (fig. 52). Plus loin on en trouvera d'autres, tantôt servant pour ainsi dire de guérite à un personnage (fig. 164 b) et tantôt voulant visiblement figurer un intérieur d'appartement (fig. 160 et 234). Dans tous ces exemples, les deux rampants — comme c'est aussi le cas pour les arches décoratives — reposent, en guise de pieds-droits, sur des pilastres ou même des colonnes, hardiesse de décorateur qui ne prouve nullement, à notre avis, que les architectes eussent dès lors réalisé ce tour de force¹. Grands amateurs de variété, les sculpteurs se plaisent d'ailleurs à faire alterner, avec ou sans supports, les arches et les frontons qui se prêtent non moins volontiers à servir de niches ou de dais aux statues (voir fig. 77, 100, 161). Dans les stèles sculptées en manière de chapelles, dont nous avons déjà eu à nous occuper (p. 130), ils se sont vite avisés que l'espace compris entre les jambages sur lesquels repose l'arche trifoliée pouvait aisément, en raison de sa forme trapézoïdale, être traité comme un fronton coupé et s'évider pour recevoir la tête d'une statue. Une fois en si beau chemin, ils sont allés jusqu'à pratiquer des entailles du même dessin rectiligne là où elles sont assurément le moins à leur place, dans le dôme inférieur des petites chapelles à toit rond qui encadrent d'ordinaire sur ces stèles le sommet de l'arche centrale (fig. 76-78). Les architectes de l'Inde du Nord se seraient-ils laissé entraîner à imiter l'indifférence sans borne des sculpteurs pour la contamination des syles? S'il reste douteux qu'au Gandhâra ils aient jamais surmonté un fronton coupé d'un dôme, il est sûr qu'au Kaçmîr ils ne se sont pas fait faute d'inscrire l'arche trifoliée dans le fronton.
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¹ Nous ne pouvons que renvoyer à la discussion sur ce point dans le *J. R. I.* B. A., 3e série, t. I, 1893-1894, surtout p. 107 et 285.
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Le temple kaçmîri. — Les observations qui précèdent donnent, à notre avis, la clef d'une architecture qui a toujours excité la
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FIG. 54. — PLAN ET PORTE DU VIEUX TEMPLE DE LADOU (KAÇMÎR). Cf. G. COWIE, J. A. S. B., 1886, p. 1, pl. XIV.
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curiosité des voyageurs par la singularité de l'ensemble autant que par l'allure classique et quasi-romane des détails : nous voulons parler de celle du Kaçmîr. Que ses colonnes à fût cannelé lui soient venues de Grèce, il ne peut là-dessus y avoir de doutes et nous aurons seulement à nous demander par quel chemin; mais cette constatation ne faisait que dérouter les recherches, car ni l'arc trilobé de son porche, ni même l'angle suraigu de son fronton sans architrave ne pouvait passer pour renouvelé des Grecs. Ainsi subsistait le mystère de ses origines : il semble que ce n'en soit plus un pour nous. Le trait caractéristique de ce style consiste en effet dans l'emploi simultané ou plutôt l'assemblage de deux formes architecturales définies, le fronton suraigu, coupé ou non, et l'arche trifoliée, celle-ci étant d'une façon générale subordonnée à celui-là. Sur ce point, tous les observateurs sont d'accord et il suffit pour s'en convaincre de jeter les yeux sur « élévations » de ces monuments, si fréquemment employées à la décoration de leurs propres murailles (voir p. ex. fig. 53). On y lira peut-être plus couramment que sur les temples eux-mêmes le jeu de ces enchevêtrements multiples, des plus simples aux plus compliqués (cf. fig. 54-56). Or les deux éléments en question nous sont déjà apparus au Gandhâra dans un rôle tantôt décoratif et tantôt architectonique. Du premier, à savoir l'arche trilobée, nous avons démontré l'origine indienne par l'intermédiaire du *vihâra* à double dôme, mais ce n'en est pas moins une création de l'Inde du Nord; vraisemblablement il sera remonté de Takşaçilâ dans la vallée du Jhilam, comme de Puşkarâvatî dans celle du Swât et de Puruşapura dans celle du Kâboul-roûd. Du second, à savoir le fronton directement dérivé du toit à pans inclinés, nous avons au contraire reconnu les attaches locales dans la région himâlayenne, et nous ne prétendons pas décider s'il est natif du Gandhâra plutôt que du Kaçmîr. Toutefois la combinaison intime de ces deux éléments nt re eux et en présence d'un troisième, représenté par la réminiscence d'un ordre classique — mélange dont est sortie l'originalité du temple kaçmîri — nous paraît porter indéniablement la marque du creuset gréco-bouddhique. Nous employons ce mot à dessein pour mieux souligner le fait que nous ne possédons plus au Kaçmîr que des édifices brahmaniques : mais, si l'on en croit le témoignage des anciens bas-reliefs (cf. p. 127) comme celui du temple conservé jusqu'à nous de Mahâbodhi, entre le *mandira* des Brahmanes et le *vihâra* des Bouddhistes d'une même contrée, toute la différence portait, non sur le style de la « résidence », mais sur la statue ou le symbole qui y logeait(1). D’autres analogies encore, telles que la coutume de les exhausser sur un soubassement auquel accède un escalier (cf. fig. 41 et 55) ou de les environner d’une cour de chapelles (cf. p. 156), ne fait que confirmer dans les lignes générales de leur
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FIG. 55. — TEMPLE DE NARASTHÂN (KAÇMÎR).
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plan, sans parler de l’ornementation de leurs parties composantes (cf. fig. 107-109), l’impression « gandhârienne » que nous laissent les monuments du Kaçmîr.
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Ils touchent donc de trop près à notre sujet, dans le détail comme dans l’ensemble, pour que nous ne devions pas, en dépit de leur caractère « hérétique » et de leur date assez basse, nous y arrêter un instant. Assurément, ce n'est pas ici le lieu de poursuivre la vérification de la solution que nous avons proposée de l'énigme de leur origine dans l'histoire complète de leur développement, et nous nous dispensons d'autant plus volontiers de cette tâche que les données nécessaires ont déjà été publiées(1). Mais il importe tout au moins de signaler l'étonnante ressemblance qui existe entre les ruines, qu'on croirait jumelles, des vieux temples de Ladou (Kaçmîr) et de Gouniyâr (Swât). Tous deux ont à la base le même plan carré au dehors, circulaire au dedans (cf. fig. 50 et 54); tous deux ont les mêmes murailles massives et trapues; tous deux ont la même porte basse et cintrée, marquée seulement d'un ressaut à l'amorce de la courbe : aussi bien ne sont-ils guère séparés d'une vallée à l'autre que par une soixantaine de lieues à vol d'oiseau. Si l'on laisse de côté la différence des matériaux, le seul progrès qui se marque à Ladou, pour compenser l'absence des niches, consiste dans l'emploi de pilastres de coin, dans le surplomb de la lourde corniche et surtout dans l'encadrement sous un fronton de la porte munie d'une fausse clef de voûte (cf. p. 112). C'est ce même portail que nous retrouvons plus tard agrandi et transformé en arche clairement trifoliée, soit qu'il s'ouvre directement sur l'intérieur de l'édifice, comme à Mârtand (VIIIe siècle), soit qu'il soit doublé d'un mur percé d'une baie rectangulaire comme à Narasthân (fig. 55). Si nous prenons enfin, à l'autre bout de la série, un spécimen des plus élaborés, tel que celui — malheureusement inondé — de Pândrenthân (Xe siècle), il va de soi que nous y reconnaîtrons toujours les mêmes éléments (fig. 56). Une porte, surmontée d'une arche trifoliée contenant une statue et inscrite dans un tympan, est encadrée par un porche trilobé qu'encadre à son tour un nouveau fronton, et le tout a lui-même pour cadre le profil en fronton coupé du premier toit. Mais ce que nous voudrions surtout faire observer, c'est à quel point toutes ces parties se souviennent, si l'on peut dire, de leurs origines. Voyez, par exemple, combien distinctement la division tripartite du porche est marquée par un repli de la moulure. Et ce second toit, qu'une assise rentrante détache nettement du premier, que fait-il autre chose que s'essayer à reproduire, sous une forme pyramidale, la
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¹ Désire-t-on un autre témoignage? A Kanauj (Kanyâkubja), Hiuan-tsang note incidemment que les temples du Soleil et de Çiva « ont exactement la forme et la dimension du vihâra du Buddha » (Mém., I, p. 264-265, ou Rec., I, p. 223).
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¹ Sur l'architecture du Kaçmîr voir surtout CUNNINGHAM, dans J. A. S. B., sept. 1848; COWIE, ibid., t. XXXV, part 1, n° 2, août 1866; H. COLE, Illustrations of the ancient Buildings in Kashmir, Londres, 1869; FERGUSSON, Hist., p. 279 et suiv.; M.-A. STEIN, Râjataranginî (édition et traduction), etc.
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FIG. 56. — TEMPLE DE PÂNDRENTHÂN (KAÇMÎR).
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superposition des deux dômes chère aux *vihâra* à toit rond? Il n'est pas jusqu'à la petite lucarne dont il se pare qui ne soit restée la fidèle copie des niches gréco-bouddhiques (cf. fig. 80-81). Il ne faudrait pas, d'ailleurs, croire que l'espace vide qu'elle éclaire soit visible par le dedans du monument; ainsi qu'il advient le plus souvent du second dôme (voir p. 124), la seconde pyramide n'a d'autre fonction que de figurer dans le paysage. L'intérieur carré était recouvert d'un plafond fait de neuf pierres, qui a été souvent dessiné(1) ; nous en donnons pour la première fois une photographie partielle qui suffit à rendre compte de son mode perfectionné, mais déjà connu, d'encorbellement (fig. 57). Une bonne part de sa hardiesse s'explique évidemment par la largeur des dalles disponibles. C'est ainsi que, dans un édifice voisin, celui de Pâyesh, le toit tout entier avec sa coupole intérieure et sa pyramide extérieure n'est taillé que dans deux blocs. Mais le temple en style kaçmîri de Mallot(2), dans le Penjâb, édifie sa voûte circulaire sur un carré ramené à l'octogone, exactement d'après le procédé que nous avons déjà décrit au Gandhâra (p. 120).
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Si peu clerc que l'on soit en la matière, si rares et ruinés que soient les monuments conservés, il existe entre toutes ces variétés d'édifices dispersés dans le Nord-Ouest de l'Inde à la fois des contrastes et des rapports trop éclatants pour ne pas frapper les yeux les moins expérimentés. C'est ainsi que nous avons cru pouvoir établir une ligne de filiation, d'une part entre le vihâra à double dôme et la hutte de feuillage du bassin du Gange, de l'autre entre le vihâra à toit pyramidal et la cabane en charpente de l'Himâlaya. Si les plaines du Gandhâra sont la continuation de celles qui règnent sans interruption de Calcutta à Pêshawar, il ne faut pas oublier que ses montagnes sont aussi le prolongement de la grande chaîne. Placé au point de convergence des deux régions, il aurait naturellement bénéficié d'un double style, aussi bien dans ses constructions de bois que de pierre. Quoi qu'il faille d'ailleurs penser des premières origines de ces deux formes architecturales, un fait demeure certain : nous les rencontrons côte à côte sur nos sculptures et dans les édifices bouddhiques qui en sont contemporains, et c'est le fruit de leur union que nous pouvons plus tardivement suivre dans le développement des temples brahmaniques du Kaçmîr. Sur ce fond sont bien venus se broder, comme nous verrons, nombre
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(1) Voir CUNNINGHAM, loc. laud., pl. XXI; COWIE, pl. XVIII; COLE, pl. n° 1068. — Cf. le plafond d'une grotte de Bâmiyân dans J. R. A. S., 1886, part III, pl. I.
(2) Cf. CUNNINGHAM, A. S., V, p. 88 et pl. XXVI.
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de motifs ornementaux d'inspiration classique et, par suite, d'origine étrangère : mais, à tout prendre — et c'est par cette constatation que nous voulons encore finir, — ce sont toujours les plans
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FIG. 57. — PLAFOND DU PRÉCÉDENT.
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et les procédés habituels des vieux maîtres maçons indigènes qui prévalent dans ces bâtisses. Sous son harnois décoratif d'importation occidentale, le *vihâra*, comme le *stûpa*, reste de pure souche indienne.
Linked texts (4)
- Rājataraṅgiṇī — Kalhaṇa, Sanskrit
- Sāñcī
- Bharhut
- Mallot