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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s2.t2.21

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s2.t2.21

Language
French

v1.c6.s2.t2.21

curiosité des voyageurs par la singularité de l'ensemble autant que par l'allure classique et quasi-romane des détails : nous voulons parler de celle du Kaçmîr. Que ses colonnes à fût cannelé lui soient venues de Grèce, il ne peut là-dessus y avoir de doutes et nous aurons seulement à nous demander par quel chemin; mais cette constatation ne faisait que dérouter les recherches, car ni l'arc trilobé de son porche, ni même l'angle suraigu de son fronton sans architrave ne pouvait passer pour renouvelé des Grecs. Ainsi subsistait le mystère de ses origines : il semble que ce n'en soit plus un pour nous. Le trait caractéristique de ce style consiste en effet dans l'emploi simultané ou plutôt l'assemblage de deux formes architecturales définies, le fronton suraigu, coupé ou non, et l'arche trifoliée, celle-ci étant d'une façon générale subordonnée à celui-là. Sur ce point, tous les observateurs sont d'accord et il suffit pour s'en convaincre de jeter les yeux sur « élévations » de ces monuments, si fréquemment employées à la décoration de leurs propres murailles (voir p. ex. fig. 53). On y lira peut-être plus couramment que sur les temples eux-mêmes le jeu de ces enchevêtrements multiples, des plus simples aux plus compliqués (cf. fig. 54-56). Or les deux éléments en question nous sont déjà apparus au Gandhâra dans un rôle tantôt décoratif et tantôt architectonique. Du premier, à savoir l'arche trilobée, nous avons démontré l'origine indienne par l'intermédiaire du *vihâra* à double dôme, mais ce n'en est pas moins une création de l'Inde du Nord; vraisemblablement il sera remonté de Takşaçilâ dans la vallée du Jhilam, comme de Puşkarâvatî dans celle du Swât et de Puruşapura dans celle du Kâboul-roûd. Du second, à savoir le fronton directement dérivé du toit à pans inclinés, nous avons au contraire reconnu les attaches locales dans la région himâlayenne, et nous ne prétendons pas décider s'il est natif du Gandhâra plutôt que du Kaçmîr. Toutefois la combinaison intime de ces deux éléments nt re eux et en présence d'un troisième, représenté par la réminiscence d'un ordre classique — mélange dont est sortie l'originalité du temple kaçmîri — nous paraît porter indéniablement la marque du creuset gréco-bouddhique. Nous employons ce mot à dessein pour mieux souligner le fait que nous ne possédons plus au Kaçmîr que des édifices brahmaniques : mais, si l'on en croit le témoignage des anciens bas-reliefs (cf. p. 127) comme celui du temple conservé jusqu'à nous de Mahâbodhi, entre le *mandira* des Brahmanes et le *vihâra* des Bouddhistes d'une même contrée, toute la différence portait, non sur le style de la « résidence », mais sur la statue ou le symbole qui y logeait(1). D’autres analogies encore, telles que la coutume de les exhausser sur un soubassement auquel accède un escalier (cf. fig. 41 et 55) ou de les environner d’une cour de chapelles (cf. p. 156), ne fait que confirmer dans les lignes générales de leur