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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s2.t2.7

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s2.t2.7

Language
French

v1.c6.s2.t2.7

un aspect tout différent. Si l'arche de leurs baies nous est déjà familière, en revanche leurs toits rectilignes en plan incliné ou en hotte de cheminée (voir fig. 45) suffisent à caractériser un type architectural nouveau. Or il existe également des échantillons isolés de ce style. Parmi les belles ruines bouddhiques qui se dressent à la tête du ravin de Gouniyâr¹, dans la vallée du Swât, un édifice à demi ruiné laisse encore deviner ou, pour mieux dire, impose à l'observateur la forme pyramidale de son faîte (fig. 49-50). L'extérieur est carré et l'intérieur est rond. Une sorte de couloir, bordé de murs bas, mène au portail voûté. En face une fenêtre à ouverture carrée, à ébrasement en même temps oblique et cintré, laissait également pénétrer la lumière. Quatre niches symétriques s'ouvraient dans l'épaisseur des murs que couronnait une coupole. C'était un temple, et, pouvons-nous ajouter, il n'est aucun de ces détails de construction par lequel il ne rentre dans la formule déjà étudiée du *vihâra*. Mais, vu du dehors, à partir de la corniche, tout change : l'arête rectiligne du faîte, dans le seul coin où elle subsiste, dessine avec le rebord un angle nettement marqué. C'en est assez pour prouver que l'édifice en question n'était sûrement pas recouvert d'un dôme, simple ni double, mais bien d'un toit à quatre pans inclinés. Il serait malheureusement difficile, dans l'état actuel du monument, de rien affirmer de plus. Les quatre pans, tous pareils, allaient-ils se réunir en pointe au sommet ? Étaient-ils au contraire coupés en un point de leur hauteur par un plan horizontal, à la façon d'un tronc de pyramide ? Ou enfin, semblables et dissemblables deux à deux, présentaient-ils en façade une ligne de faîtage à laquelle ils se raccordaient, les uns (en avant et en arrière) en forme de trapèzes, les autres (sur les côtés) en formes d'angles ? C'est ce que nous laisserions de plus experts le soin de décider si, par un heureux hasard, Cunningham n'avait relevé sur un bas-relief de Takht-î-Bahai la représentation d'une rangée de chapelles analogues (fig. 51). Sauf erreur de notre part, l’angle très ouvert de leur toit, dont l’inclinaison rappelle sensiblement celle de l’arête conservée de notre monument, fait pencher décidément la balance en faveur de la troisième hypothèse. Dans tous les cas, il nous paraît juste et raisonnable d’admettre que ce document contemporain — abstraction faite des lucarnes triangulaires dont la fantaisie du sculpteur a ponctué sa minuscule frise — nous rend fidèlement et de fond en comble la silhouette de ce nouveau type de *vihâra*.