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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s3.3

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s3.3

Language
French

v1.c6.s3.3

Au moment d'aborder ainsi, après l'analyse, la synthèse du « *sanghârâma* », nous ne pouvons nous dissimuler les difficultés de l'entreprise. Assurément, à force de visiter les restes des vieux couvents du Gandhâra, il nous a paru qu'il s'en dégageait un plan uniforme et que nous aurions pu décrire les yeux fermés. Les notes de Hiuan-tsang, la minutieuse description que Yi-tsing nous a laissée du monastère de Nâlanda, les sommaires croquis de quelques miniatures anciennes, tous les documents confirment l'impression laissée par l'examen direct des ruines(1). Partout et toujours nous reconnaissons, à un ou plusieurs exemplaires, le même groupe architectural, formé de quatre corps de bâtiments se rejoignant à angle droit et s'ouvrant exclusivement sur une cour intérieure. Tel est, peut-on dire, dans l'Inde, le type classique de la résidence; imitation du vieux catuḥ-śāla, il est resté le modèle des caravanséraïs bâtis par les empereurs mogols. L'oisive imagination des moines n'avait pas manqué de lui découvrir un sens symbolique : la configuration de la terre, nous dit gravement Yi-tsing, n'est-elle pas aussi celle d'un carré? Mais, sur ce thème une fois donné, on imagine combien de variations sont possibles selon le terrain disponible, les dimensions adoptées, les matériaux employés, la richesse des donateurs ou l'habileté de l'architecte, etc., sans compter les additions ou restaurations que le temps a pu opérer d'abord, et les ravages qu'il n'a pas manqué d'exercer ensuite dans l'œuvre primitivement conçue et exécutée. Nous allons essayer de nous reconnaître au milieu de la diversité des combinaisons réalisées et d'esquisser, en nous appuyant toujours sur des exemples concrets et accessibles, le développement et la vie de ces établissements monastiques. Pour commencer, nous interrogerons à part les ruines des plaines. Le contraste si tranché qu'elles présentent avec celles des collines s'est imposé à nous dès l'abord (voir p. 45); et, jusqu'ici, nous avons dû les laisser à peu près en dehors de notre étude, faute d'y trouver les renseignements techniques dont nous avions besoin (cf. p. 85 et 101). Peut-être leur ampleur et leur degré même d'oblitération reprendront-ils au contraire ici l'avantage en nous permettant de débrouiller les lignes générales des ensembles sans que nous soyons exposés à nous perdre dans la multiplicité des détails.