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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s3.t2.11

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s3.t2.11

Language
French

v1.c6.s3.t2.11

Ceci nous amène à parler des besoins matériels de ces bons moines. Ce n'étaient sûrement pas de purs esprits : les confréries rivales les accusaient même d'être de francs épicuriens. En tout état de cause, il leur fallait manger; et, si sévère que fût dans sa lettre la règle relative à la nourriture, leur relatif éloignement des villages devait rendre indispensables quelques approvisionnements et quelques opérations culinaires. On sait, d'autre part, l'importance qu'attachent les Indiens à la pureté rituelle des places où sont préparés ou conservés leurs aliments. Ainsi que Yi-tsing nous en avertit sans malice, il avait été pourvu à tout : « Le fait de conserver des provisions dans le monastère est chose permise. La coutume traditionnelle de l'Inde est de consacrer tout le monastère comme « cuisine »; mais le fait d'en prendre une partie pour être employée comme cuisine est aussi permis par le Buddha. » Nous lisons en effet dans la version pâlie du Vinaya que le Maître a autorisé les moines à avoir un cellier (p. koṭṭhaka). D'autre part, c'était leur coutume de faire un peu partout dans les galeries des foyers (p. aggiṭṭhāna) qui étaient choses fort salissantes : le Maître les autorise encore à installer à l'écart (ekamantam) une place réservée à cet usage (p. aggi-sālā). C'est cette « chambre à feu » et ce cellier que nous chercherions dans les salles annexes de nos couvents. Sur la figure 62, il y aurait même place pour une « salle de bains » (p. jantāghara). Quant aux deux contreforts de pierre qui laissent entre eux un intervalle surplombant sur le vide à l'angle N.-E. de la figure 64, Cunningham a déjà soupçonné avec infiniment de vraisemblance qu'« ils étaient destinés aux latrines de l'établissement ». Cette commodité, dont on ne peut se dissimuler l'importance dans toute agglomération humaine, a les honneurs de plus d'une section du Vinaya et d'un chapitre de Yi-tsing : il y est exposé avec un grand luxe de détails que tout monastère devait posséder une varcaḥ-kuṭī et qui fût proprement tenue¹. Ajoutons enfin que le petit réservoir carré marqué dans un coin de la cour de Takht-î-Bahai devait fournir l'eau pour les ablutions et les autres usages domestiques.

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