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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s3.t2.20

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s3.t2.20

Language
French

v1.c6.s3.t2.20

basse. Songez en effet qu’il ne faut pas seulement compter avec les moines résidents, propriétaires effectifs des biens théoriquement possédés par la totalité de l’ordre et désignés sous le nom peu équivoque de *vihâra-svâmin*. Les frères errants avaient encore le droit de s’y arrêter au passage, au moins pendant quelques jours, et les peines les plus terribles attendaient dans les enfers les religieux sédentaires qui se seraient montrés inhospitaliers¹. L’entretien d’un aussi vaste établissement exigeait d’autre part un nombreux personnel inférieur, gens de métier ou domestiques. Ceci n’est pas une pure supposition : Yi-tsing avoue l’existence de serviteurs des deux sexes, et nous voyons Song Yun et Houei-cheng faire aumône aux grands couvents de Manglaor et de Pêshawar de « deux esclaves chargés à perpétuité d’arroser et de balayer », — marque de charité assurément peu banale, mais non point sans doute exceptionnelle de la part des pèlerins tant indigènes qu’étrangers². Cela faisait bien du monde à loger et l’on conçoit que les maisons d’habitation se soient élevées un peu partout où le coteau offrait un espace plan ou se prêtait à l’établissement d’une terrasse artificielle. Enfin, n’y aurait-il eu au total qu’une centaine de moines, il va de soi que les dispositions prises au début pour une trentaine d’entre eux ne pouvaient suffire pour le double ou le triple de ce nombre. Rouvrirons-nous la malodorante question des arrangements sanitaires? Le Dʳ Bellew³ a encore noté sur les pentes environnant le couvent de Takht-î-Bahai des structures massives de maçonnerie, d'environ six pieds en carré et percées au centre d'une cuvette circulaire qui d'abord s'étrangle, puis se poursuit en s'élargissant par un conduit ouvert dans la direction des ravins de drainage de la colline : il y a lieu d'y reconnaître de rudimentaires installations de « tout à l'égoût », disséminées parmi les constructions nouvelles. Ou bien reprendrons-nous la discussion déjà entamée au sujet des « salles de réunion »? Ce n'est plus qu'un jeu pour nous de découvrir l'upasthâna-çâlâ qui desservait le couvent de Jamâl-Garhî dans la grande chambre carrée à une seule porte située à l'est de la cime : elle mesure 16 mètres de côté. Le couvent de Takht-î-Bahai, au moins aussi important, se contentait-il pendant ce temps de sa primitive salle de 10 mètres? Il ne s'en contentait pas. Nous avons constaté plus haut (p. 116) l'existence dans le coin nord-ouest (fig. 64) d'une salle nouvelle, deux fois et demie plus vaste, par suite sensiblement égale à celle de Jamâl-Garhî, et mieux caractérisée qu'aucune autre avec son entrée unique, ses murs élevés et ses réduits pour les lampes. Rien n'empêche d'ailleurs de penser qu'une fois désaffectée, l'ancienne salle du chapitre n'ait été de son côté transformée en une cuisine de dimensions supérieures à celles de l'ancienne : il n'y fallait d'autre formalité qu'une motion en ce sens acceptée par l'assemblée plénière des moines.