L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s3.t2.31
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s3.t2.31
- Language
- French
v1.c6.s3.t2.31
Que de traits il resterait encore à composer en tableau! Agiterons-nous une autre question non moins vitale, à savoir celle de l'eau? Elle se pose aujourd'hui plus impérieusement que jamais dans ce Gandhara qui, déjà classique par la décoration de ses monuments, l'est encore devenu par l'aride décor de ses montagnes. Sur leurs flancs dénudés, les sources ont presque partout disparu, qui jadis coulaient à proximité de ces couvents qui n'auraient pu subsister sans elles et n'auraient même pas été bâtis. Song Yun nous parle expressément des ombrages de la colline de Shâhbâz-Garhî et de sa fontaine miraculeuse. Takht-î-Bahai doit son nom à un puits légendaire qui est censé en communication souterraine avec le Swât. Un peu partout on relève encore des traces de citernes et de barrages destinés à former de véritables étangs¹, etc. Tout le mal qu'on s'est visiblement donné pour rendre ces sites habitables donne à penser que l'on avait eu des motifs bien forts pour les choisir. La cause déterminante n'était sûrement pas la commodité des moines : il reste que ce fut leur agrément, en raison du pittoresque du lieu et de la fraîcheur des brises, — peut-être aussi leur sécurité. On sait combien de hordes d'envahisseurs a vu passer cette grande route de l'Inde. Nous ne serions même pas surpris que plus d'un de ces sanghârâma des collines ait, à l'occasion, servi de place de refuge aux gens de la plaine. La tradition populaire établit toujours un rapprochement entre la « capitale »