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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s3.t2.38

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s3.t2.38

Language
French

v1.c6.s3.t2.38

Revenons une dernière fois au plan du couvent de Takht-î-Bahai (fig. 64) : grâce au simple expédient dont nous avons usé, il devient aisé d'y suivre le progrès de ces agrandissements. Si même il faut en croire Wilcher, la cour du *stûpa* ne serait pas, elle non plus, d'une seule venue : « En raison du manque de cohésion entre la maçonnerie des petites niches et des grands édifices à dôme (cf. fig. 45-46), il semblerait, nous dit-il, que leur construction soit d'époques différentes. Les petites « maisons d'idoles » ont été évidemment construites entre les autres pour cacher la place à la vue du dehors. » Le fait est possible, bien que rien n'ait éveillé nos soupçons de ce côté; mais que l'érection des quatorze petites chapelles intermédiaires entre les quinze grandes ait été ou non une idée après coup, elles sont si heureusement fondues dans l'ensemble qu'elles en font à présent partie intégrante. Il n'en est pas de même de celles qui, au nombre d'une trentaine, bordent l'intervalle compris entre l'entourage du stûpa et le monastère. Bâties avec assez de régularité le long et à l'extérieur des murs respectivement nord et sud des deux quadrangles primitifs, elles essaient bien de former entre elles une cour rectangulaire nouvelle et l'ont même déjà à peu près enclose du côté de l'est; mais, sans parler de l'obligation où elles se sont trouvées de laisser le passage ouvert à l'ouest, sous peine de fermer tout accès au couvent, leurs largeurs, leurs hauteurs, leurs profondeurs diverses trahissent aussitôt, malgré qu'elles en aient, autant d'additions postérieures et successives. Jointes au mélange incohérent d'édicules — composés en majorité de petits stûpa et d'ailleurs insuffisamment déblayés — qui sont encore venus s'entasser au beau milieu, elles forment visiblement l'appoint apporté au noyau architectural originel par les générations postérieures; et vraiment l'on ne sait s'il faut être davantage touché de leur dissymétrie ou, au contraire, de leurs efforts pour s'accommoder au plan initial. Quand le terrain finit par manquer pour les constructions neuves, une douce opiniâtreté poussa les fidèles à exhausser plusieurs des anciennes : çà et là, dans la maçonnerie des murailles, des lignes de démarcation tranchées suffisent à le prouver. On ne pouvait songer ici, faute d'avoir dans le sens de la largeur les coudées assez franches, à emboîter un petit stûpa dans un plus grand (cf. p. 92) : mais telle des chapelles a été, par exemple, fortement surélevée, sans doute pour y installer une de ces gigantesques statues de chaux dont le nombre et la taille ont fait donner par Wilcher à toute cette partie des ruines les sobriquets de « Cour des colosses » et de « Panthéon ». L’ère de cette floraison artistique et religieuse n’était pas close, qu’il fallut renoncer à encombrer davantage le sacré promontoire. Les fondations pieuses, dont littéralement il regorgeait, se résignent à refluer et débordent enfin sur les contreforts du voisinage, où quelques