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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s3.t2.4

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s3.t2.4

Language
French

v1.c6.s3.t2.4

dans les plaines : et ainsi nous reprenons l'étude du sanghârâma juste au point où nous l'avions laissée. Empruntons à cette occasion le médiocre plan, levé pour le compte de Cole par un subalterne indigène, d'un des couvents voisins de Sanghao (fig. 62). Comme sur la figure 61, mais avec des contours mieux définis, un stûpa entouré d'une cour est adjacent à une cour de monastère. Il est seulement regrettable que les détails manquent de sûreté et de précision : « Il se peut, avoue Cole, que quelques-unes de ces chambres aient été employées comme chapelles, et une recherche supplémentaire est désirable, au cours de laquelle il y aurait lieu de déblayer les bâtiments de la terre qui s'y est accumulée(¹)... » Que n'a-t-on commencé par là! Tel que l'enclos du *stûpa* nous est présenté, nous ne pouvons dire à coup sûr s'il était bordé de *vihâra* originairement destinés à des moines ou à des statues; par suite, il nous est impossible de décider si l'établissement comportait dès le début les deux principaux quadrangles, ainsi que nous serions disposé à le croire, ou si le second n'est qu'une addition faite après coup, quand les idoles eurent fini par expulser les religieux de leur première résidence. Toutes ces hésitations sont heureusement écartées dans le cas du *sanghârâma* encore debout sur le promontoire central de la colline de Takht-î-Bahai (fig. 63-64). Nous avons pris soin de faire pocher en noir, sur le plan d'ensemble dû au sergent Wilcher, la partie qui correspond, dans notre opinion, au tracé initial de cette fondation religieuse. Il saute immédiatement aux yeux que le *stûpa*, sa cour et celle du monastère, avec leurs escaliers et leurs portes symétriquement disposés sur le même axe, devaient au même titre être compris dans le projet primitif. La preuve en est que le *stûpa* n'a jamais été environné ici que de chapelles; l'exiguïté de ces *vihâra* (cf. fig. 45-46), sans qu'il soit besoin d'invoquer leur manque de portes, les rend seulement habitables pour des statues. En revanche, les chambres qui bordent la cour opposée ont les 3 à 4 mètres de côté qui constituent les dimensions normales des *vihâra*-cellules — dimensions suffisantes pour y loger le sommaire mobilier canonique : un lit bas, un tabouret, une planche formant dossier, un crachoir et quelques nattes (²). Ajouterons-nous que, par un calcul aisé à faire, même en admettant que chacune d'elles était doublée par une autre toute pareille à l'étage supérieur, elles ne pourvoyaient en définitive qu'au logement de trente religieux — juste autant, à une unité près, que les chambres de l'autre quadrangle pouvaient abriter de statues ou de groupes de statues? Mais la conclusion qui nous intéresse le plus pour l'instant est que ce *sanghârâma* — *stûpa*, cour de chapelles et cour de monastère inclus — a dû être conçu et exécuté d'emblée sur les données d'un seul architecte, sinon aux frais d'un unique donateur. Ainsi la combinaison qui nous paraissait tout à l'heure le comble de la complexité va nous servir à présent de point de départ pour l'étude de complications ultérieures.

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