L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s3.t2.45
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s3.t2.45
- Language
- French
v1.c6.s3.t2.45
Le but dernier de la rapide étude que nous avons consacrée à l’architecture du Gandhâra était, en effet, de nous rendre un compte aussi exact que possible du genre d’édifices que décoraient nos sculptures et de la place qu’elles y occupaient. Le moment est venu d’aborder cette dernière question avec quelque détail. Déjà, à prendre les choses en gros, les rapports des premiers explorateurs nous renseignent sur elle : seulement, c’est à condition que la disposition de leurs lieux de fouilles nous soit devenue assez familière pour que leur bizarre phraséologie ne nous égare plus. « A Kharkai, nous dit le lieutenant S. Grant, les sculptures furent toutes retirées des passages autour du temple, sur la plate-forme et près du tope circulaire » : il entend par les deux premiers termes le quadrilatère irrégulier que nous signalions tout à l'heure comme supportant un fouillis de *stûpa* et de chapelles (fig. 67) ; quant au « tope circulaire », c'était un petit monument voisin, mais indépendant¹ : « Du monastère, ajoute-t-il, on n'exhuma rien, sauf quelques débris de poteries : » Le lieutenant A. Crompton fait, à propos de Jamâl-Garhî, la même remarque : « Les sculptures furent trouvées en plus ou moins grande quantité dans tous les temples », c'est-à-dire, ici encore, dans les cours de chapelles enfermant soit une plate-forme, soit un *stûpa*. Le meilleur « rendement », d'après lui, fut fourni par les n°s 2 et 3 de la figure 65, puis par le n° 5 ; le n° 1 ne recélait plus que des fragments, et les meilleurs morceaux auraient été découverts près de l'escalier qui fait communiquer les n°s 1 et 2. Au reste, « on ne rencontra pas, à une ou deux exceptions près, de sculptures dans les maisons d'habitation »². En d'autres termes, tandis que les cellules des moines ne contenaient en général ni images, ni ornements en relief³, les uns et les autres abondaient, au contraire, sur les murs ou à l'intérieur des édifices consacrés au culte. Les fouilles de Sikri et de Loriyân-Tangai n'ont fait que confirmer une loi si naturelle.