L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s3.t2.77
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s3.t2.77
- Language
- French
v1.c6.s3.t2.77
Mais, ces réserves faites, il n'en reste pas moins que, si l'on peut dire, la conformation naturelle de ces deux espèces de monuments les prédisposait à nous fournir, les uns, surtout des bas-reliefs, et les autres, surtout des statues. Les temples et chapelles n'ont pas failli à leur véritable destination. Hiuan-tsang ne mentionne tant de *vihâra* que pour l'amour de l'idole qu'ils renferment. D'après Cunningham, « ils doivent avoir contenu des figures du Buddha, debout ou assis, seul ou en compagnie de deux ou plusieurs auditeurs »¹. Rappelons à ce propos que plusieurs contenaient des niches, sans doute réservées à des divinités assistantes (cf. fig. 39 et 50). A la vérité, ni Bellew, ni Wilcher, ni Cunningham n'ont trouvé d'images en place à Takht-î-Bahaï. Mais, à Jamâl-Garhî, ce dernier, en déblayant le dallage de la cour circulaire (fig. 65, n° 1, et fig. 66), découvrit « tant de statues gisant immédiatement en avant des chapelles, qu'il était impossible de ne pas conclure que ces statues se dressaient jadis dans les chapelles situées au-dessus d'elles ». A Shahr-î-Bahlol, le même explorateur en aurait trouvé « toute une rangée encore debout, à peu près à égale distance les unes des autres, le long de ce qui avait jadis formé le soubassement d'une ligne de chapelles : elles avaient seulement été déplacées d'un pied ou deux en avant de leur position primitive, sous la poussée de l'écroulement intérieur des murs »². A défaut d'exemple réel et *in situ*, nous pouvons d'ailleurs faire appel à nombre de stèles représentant des Buddhas, assis ou debout, à l'intérieur de sections ou de modèles de *vihâra*. Citons seulement ceux que laissent apercevoir les façades ouvertes des figures 47 et 76. Notez que ces spécimens sont empruntés à des *stûpa* : or, justement, ils démontrent que toute image ainsi placée à ciel ouvert doit être censée abritée par un fronton ou un porche de chapelle (cf. fig. 77-79) :