L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s3.t2.9
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s3.t2.9
- Language
- French
v1.c6.s3.t2.9
Toutefois, il nous faut d'abord épuiser complètement la lecture des deux plans presque exactement parallèles de la figure 62 et de la partie soulignée de la figure 64. Le lecteur n'aura pas manqué de remarquer sur tous les deux, attenant à la cour du monastère proprement dit et mis en communication avec elle par une seule porte, un groupe supplémentaire de salles plus vastes en général que les cellules et dont la destination spéciale reste à définir. La tentative peut paraître aujourd'hui bien hasardeuse, et nous n'oserions pour notre part la risquer, si la pensée qu'elles répondaient évidemment aux peu nombreuses nécessités de la vie monastique ne nous encourageait à des recherches limitées d'avance et où les textes nous prêtent d'autre part le plus utile concours. Et tout d'abord, quelles sortes de locaux exigeait l'accomplissement des devoirs religieux du moine? Pour ce qui est de la méditation, qui constitue théoriquement la seule forme de sa prière, sa cellule, le pied d'un arbre, le premier endroit venu suffit. Quant au culte, qui ne consiste qu'en circumambulations ou génuflexions et offrandes de fleurs, etc., le *stûpa* et les chapelles voisines sont là tout prêts pour le recevoir. Mais une règle essentielle veut encore que, deux fois par mois, tous les *bhikṣu* habitant dans un rayon déterminé se réunissent pour lire ensemble le formulaire de leurs statuts — car c'est à quoi revient en somme le *Prâtimokṣa* — en l'accompagnant d'un simulacre de confession publique. Or, dans les plus anciens textes, cette cérémonie, dite de l'*uposatha*, suppose un édifice particulier nommé l'uposathâgâra. La forme de ce dernier n'est pas fixée; mais il n'est pas difficile de voir à quelle description il doit répondre. Tout d'abord, l'office se célébrant à jour fixe, il est nécessaire que ce soit un local couvert et à l'abri des intempéries; en second lieu, il doit être assez grand pour admettre et même faire asseoir tous les membres de la paroisse; enfin, la réunion étant privée et ouverte seulement aux religieux de plein exercice à l'exclusion de tout novice, nonne ou laïque, il faut qu'il soit disposé de manière à en assurer l'intimité. On remarquera comment cette triple condition est admirablement remplie sur les deux plans par une grande salle carrée contiguë à la cour du monastère et mesurant ici (fig. 62) 14 mètres, et là (fig. 64) 10 mètres de côté. Il est d'ailleurs très rare que, comme sur la figure 62, elle s'ouvre par deux portes : le plus souvent (car nous en verrons d'autres exemples), elle n'a qu'une seule entrée, comme pour mieux garantir le secret des séances. Et ainsi, puisqu'il fallait tant que d'avoir pour le jour du « sabbat » une « salle du chapitre », nous sommes invinciblement amené à penser que c'était dans celle-là que, le soir de la pleine et de la nouvelle lune, les plus jeunes moines apportaient, comme il est prescrit, après l'avoir soigneusement balayée, des lampes, de l'eau lustrale et des sièges pour la communauté. Une autre appellation à la fois plus générale et plus courante, est celle d'upasthâna-çâlâ ou « salle de réunion ». C'est là que, d'après les textes, le Buddha convoque à l'occasion ses disciples; c'est là sans doute que s'accomplissaient tous les actes solennels (p. kammavâcâ), depuis l'ordination jusqu'à l'expulsion de l'ordre : et nous savons même que les bhikṣu ne se gênaient pas pour en user ainsi que d'un réfectoire¹.