L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s2.5
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s2.5
- Language
- French
v1.c7.s2.5
Nous ne cacherons pas à quel point cette constatation est pour nos recherches la bienvenue. Elle fournit en effet le moyen d'établir un classement provisoire des bas-reliefs. Le procédé est assurément fort empirique : mais à quel autre avoir recours ? Il ne peut être question — s'il faut le répéter encore une fois — de ranger ces œuvres d'art ni par nom d'auteur, puisqu'elles sont toutes anonymes, ni par lieu d'origine, puisqu'elles manquent pour la plupart d'état civil. D'un autre côté rien ne serait plus sujet à caution qu'un essai de classement chronologique avant toute étude préalable des monuments. Reste donc à les classer par sujets, ce qui peut se faire aisément et ne suppose du moins aucune théorie préconçue : c'est à ce parti que nous allons nous arrêter. A la vérité, ce sera là un pur travail de marqueterie, composé de pièces et de morceaux rapportés, ainsi que le faisait pressentir tout ce que nous avons dit plus haut de la façon dont les collections ont été formées. Dans un cas même, celui de Sikri, où une série entière de panneaux détachés a été découverte dans l'ordre originel (fig. 73), il apparaît qu'ils auraient été distribués d'après des considérations esthétiques et non point historiques¹. Évidemment ces dernières n’avaient pas dans l’Inde ancienne l’importance souveraine que nous voyons qu’elles ont prise plus tard à Java. Il ne faudrait pourtant pas croire qu’elles fussent étrangères à l’esprit des artistes gréco-bouddhiques. A plusieurs reprises, nombre de fragments de frise, par hasard conservés, nous fournissent des suites biographiques fort étendues. Les bases des petits *stûpa* de la figure 208 résument en quatre tableaux toute la dernière existence du Maître; il en faut huit à celle de la figure 71 pour raconter seulement sa jeunesse. Les scènes sculptées sur un autre tambour circulaire, provenant également de Sikri, le menaient de l’enfance (fig. 165) à la mort et même au tombeau (fig. 297-298). Une autre série analogue, provenant de Koï, et dont la figure 174 peut servir de spécimen, faisait de même¹, etc. Ces exemples suffisent à prouver que le classement aujourd’hui proposé par nous pour les sculptures n’aurait point paru si déraisonnable à leurs auteurs, et qu’il est par suite beaucoup moins artificiel qu’on n’aurait pu croire.