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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s2.t1.1

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s2.t1.1

Language
French

v1.c7.s2.t1.1

La première période est relatée dans les *jātaka*, cette véritable « Légende dorée » du Bouddhisme. On connaît ce vaste trésor de fables et d'histoires dont le Maître, avant d'en devenir le conteur, était censé avoir été le héros. Nous possédons, tant en pâli qu'en sanskrit, quantité de récits de ses existences passées, dont, par un privilège attaché à la sainteté, il avait gardé le miraculeux souvenir. Tour à tour bête, femme, homme ou divinité, il avait gravi par degrés l'échelle des êtres et accumulé, à force de sacrifices, les mérites qui devaient un jour l'élever à la dignité de « précepteur des hommes et des Dieux ». On juge quelle mine de sujets touchants ou plaisants ouvrait une telle collection à l'activité des artistes. Ceux de l'ancienne école indienne y avaient abondamment puisé; ceux du Gandhâra firent de même, mais, il faut l'avouer, avec beaucoup plus de discrétion : du moins, le nombre des représentations de *jātaka* connues dans l'école du Nord-Ouest est-il jusqu'ici extrêmement restreint. A la vérité, nous avons à nous plaindre tout particulièrement sur ce point du hasard des fouilles. C'est ainsi, par exemple, que nous ne connaissons pas de version gandhârienne du charitable exploit du roi Çivi, lequel racheta au poids de sa propre chair une colombe à l'épervier; or cette légende, d'ailleurs représentée à Amarâvatî, était populaire dans l'Inde du Nord, à telles enseignes qu'un des quatre grands *stûpa* de la région lui était consacré. Par une coïncidence encore plus significative, nous ne connaissons pas davantage de représentation du don des yeux, ni du corps, ni de la tête, que commémoraient également les trois autres grands *stûpa*. Les ruines voisines de Palai nous doivent toujours la mise en scène de l'histoire du ṛiṣi Unicorne (Ekaçṛinga) que Hiuan-tsang y a trouvée localisée; si profane que fût ce conte, première version de notre « lai d'Aristote » et des fables que débitent sur la licorne les *Bestiaires* du moyen âge, il n'était pas pour faire reculer les sculpteurs à qui nous devons les scènes de bacchanales figurées plus haut. De même, on s'explique mal que nous soyons réduits aux sculptures de l'escalier de Jamāl-Gaṛhī pour découvrir, entre autres fragments impossibles à identifier, des débris des célèbres légendes de Çyâma et de Viçvantara, auxquelles deux autres places saintes du Gandhâra étaient dédiées. Mais, toutes ces réserves faites, — et, si nous les exprimons seulement ici, il reste convenu qu'elles seront toujours sous-entendues ailleurs, — on ne peut se défendre de penser que l'art du Gandhâra, disposant de moyens inconnus ou interdits à l'ancienne école indienne, s'est moins attardé qu'elle à représenter les naissances antérieures du Buddha.

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