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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s2.t2.1

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s2.t2.1

Language
French

v1.c7.s2.t2.1

On voit clairement, par cet exemple, l'espèce de secours que nous pouvons attendre des textes. Heureusement plus bavards que la pierre, ils nous diront en détail ce qu'elle ne peut exprimer qu'en gros, nous mettront au courant des tenants et des aboutissants des personnages, placeront à l'occasion les paroles sous les gestes et nous fourniront enfin, à défaut d'inscription, le titre technique de la scène. Pour aucune partie de l'évolution du Çâkya-muni, ils ne nous marchanderont moins leur aide que pour celle qui va de sa dernière renaissance à l'obtention de la Bodhi. S'il n'existait anciennement aucun récit cohérent de la vie du Buddha, prise dans son ensemble, nombre de textes s'étendent, en revanche, avec une complaisance inépuisable sur la période héroïque de sa jeunesse, de ses victoires sur Mâra et de sa conquête de la Bodhi. La Nidâna-kathâ pâlie, le Mahâvastu et le Lalita-vistara, plus ou moins prâkritisants, comme l'impeccable poème sanskrit du Buddha-carita, nous content en prose et en vers l'épopée du Bodhisattva : il faudra nous y référer sans cesse. L'abrégé théorique que le Mahâvastu nous donne ; à propos de Dîpaṅkara, des événements qui sont censés accompagner nécessairement l'apparition en ce monde de tout Buddha nous sera peut-être encore plus utile à notre point de vue. Nous n'aurons pas moins à nous servir d'un passage du Divyâvadâna, dont Burnouf, avec le sûr instinct de son génie, avait déjà deviné l'intérêt et dont il a donné, il y a plus de soixante ans, une traduction dans son Introduction à l'histoire du Bouddhisme indien(¹) : nous voulons parler de celui où le roi Açoka visite tour à tour, sous la conduite du révérend Upagupta, les sites consacrés par la légende bouddhique. La liste qui nous en est donnée constitue un véritable répertoire, à l'usage des archéologues, des épisodes restés les plus vivants dans l'imagination populaire et, par suite, pouvons-nous ajouter, dans l'art de l'Inde. Or c'est la même liste que l'on dresserait encore à l'aide des « Mémoires » du pèlerin Hiuan-tsang, quelque sept siècles plus tard. La constatation ne laisse pas d'être encourageante pour les fabricants de catalogues.

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