L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s2.t2.22
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s2.t2.22
- Language
- French
v1.c7.s2.t2.22
L'ENFANTEMENT. — Le tableau de la miraculeuse naissance du Bodhisattva par la hanche droite de sa mère a été, au contraire, traité, si étrange qu'il fût, de la façon la plus orthodoxe. Il semble d'ailleurs avoir été créé du premier coup et stéréotypé une fois pour toutes (cf. fig. 152, 154, 158 *a*, 164 *a* et 208 *a*). Toujours la reine Mâyâ est debout au centre de la composition et tient, de sa main droite levée, la branche de l'arbre légendaire, nommé *çâla*, *plakṣa* ou *açoka*, selon les textes. L'enfant-Buddha « sort » ou « se manifeste », jaillissant à mi-corps de sa hanche droite. Non seulement le voile derrière lequel la cache chastement la tradition pâlie est tombé, mais, à ses côtés, se tiennent un, deux ou trois dieux qui n'ont pas éprouvé le besoin de se déguiser en matrones pour ménager sa pudeur, ainsi que le veut la version tibétaine. Debout et légèrement inclinés, ils reçoivent dans leurs bras le nouveau-né, ou expriment par leurs gestes leur vénération et leur surprise. La présence de ces divinités à la droite de Mâyâ est exactement contrebalancée par l'introduction symétrique, à sa gauche, d'un nombre égal de dames d'honneur. L'une, qui passait peut-être pour être Mahâprajâpatî, la sœur de Mâyâ, soutient