L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s2.t2.44
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s2.t2.44
- Language
- French
v1.c7.s2.t2.44
a déjà dit que « les deux rois des Nâgas, Nanda et Upananda, se tenant à mi-corps dans le ciel, créèrent deux courants d'eau froide et chaude et en baignèrent le Bodhisattva¹ . . . ». On ne s'étonnera pas que le goût indien ait, au contraire, opté pour cette version plus merveilleuse, en même temps qu'il laisse pour compte à l'école du Gandhâra son escabeau à trois pieds. Sur le compartiment inférieur d'une stèle de Sârnâth (fig. 209), nous apercevons ainsi les deux Nâgas en train de déverser l'eau de leurs cruches sur la tête de l'enfant. Hiuan-tsang nous dit même qu'ils « lançaient un jet d'eau de leurs bouches »; et c'est bien ce que, dans les albums chinois, nous voyons faire aux deux « dragons ». Quant aux sculpteurs de Boro-Boudour, après s'être traînés en répétitions monotones, ils se mettent à courir, comme il arrive, en abordant le véritable sujet : faisant tomber du ciel une pluie sur le Bodhisattva en marche, ils ont réalisé ce tour de force, d'autant plus inattendu de leur part qu'il est en contradiction flagrante avec leurs goûts et leurs besoins d'amplification, de réunir en une seule scène les trois motifs de l'accouchement, des sept pas et du bain.