Pramāṇa · Search · About · API

L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s2.t2.6

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s2.t2.6

Language
French

v1.c7.s2.t2.6

On sait que le motif de la « conception » a gagné Java, sans doute par l'intermédiaire d'Amarâvatî (fig. 148); mais on pouvait croire qu'un sujet aussi indien aurait été laissé de côté au Gandhâra. Il n'en a rien été et nous en connaissons même plusieurs répliques, à Calcutta, à Lahore et à Paris (fig. 149). Apparemment les donateurs avaient, autant que les artistes, voix au chapitre et l'incarnation dernière de leur Maître était trop importante à leurs yeux pour qu'on pût la passer sous silence. Il y a mieux : l'interprétation de la légende est plus correcte au Gandhâra qu'elle ne l'est à Barhut et à Sânchi. Les vieux sculpteurs, par inadvertance ou maladresse, ont couché Mâyâ sur le côté droit, ce qui n'est pas fait pour faciliter la tâche de l'éléphant, sans compter qu'il est plus gros que la dormeuse¹. Au Gandhâra, rien de pareil : l'éléphant, toujours nimbé, est ramené à des proportions minuscules; Mâyâ est toujours couchée sur le côté gauche, la tête à droite du spectateur, et présente bien ainsi sa hanche droite au Bodhisattva, lequel ne peut, comme il est écrit, ni entrer pour la conception, ni sortir pour l'enfantement, ni même (en sa qualité de progéniture mâle) reposer pendant la gestation que de ce seul côté de ses flancs. Le décor, sans parler du costume, a, il va de soi, une tout autre allure (voir encore fig. 160 a). Nous avons décrit plus haut le lit et la lampe qui souvent brûle derrière la dormeuse (cf. p. 260-262). Un portique soutenu par des colonnes de styles divers figure la chambre où elle repose et qui, d'après les textes, serait au plus haut du palais. D'ordinaire, dans les deux vestibules aménagés de chaque côté, les amazones de garde veillent sur son sommeil solitaire. Elles sont remplacées sur les bas-reliefs d'Amarâvatî, dans ce rôle tutélaire, par les quatre rois gardiens des points cardinaux, debout aux quatre coins de la couche (fig. 148).