L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s2.t2.63
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s2.t2.63
- Language
- French
v1.c7.s2.t2.63
LES NAISSANCES SIMULTANÉES. — Nous devons encore, pour être complet, rapporter au cycle de la nativité les scènes représentant quelques-unes des naissances qui miraculeusement coïncidèrent avec celle du Bodhisattva. Dans l'ordre chronologique, cet épisode viendrait même se placer entre le bain de l'enfant et le retour du parc de Lumbinî; mais nous n'en avons pas jusqu'ici trouvé de représentations qui fissent partie d'une suite, et il est plus prudent de les laisser hors série. Tous les textes d'ailleurs les signalent. Ils témoignent même à ce propos (surtout la relation pâlie) d'un effort plus ou moins heureux pour faire naître, en même temps que le Prédestiné, les « sept joyaux » ou « trésors » qui échoient spontanément, en vertu d'une loi naturelle, au monarque suzerain du monde. On se souvient en effet que, d'après les prédictions des brahmanes, le nouveau-né a le choix entre la destinée de Cakravartin ou la vocation de Buddha. Or le Cakravartin possède de naissance la perle des disques, des éléphants, des chevaux, des pierres précieuses, des femmes, des ministres et des conducteurs (d'armée). Pour les lamas, le Buddha lui-même est si bien resté un « roi de la roue » qu'ils décorent régulièrement ses autels de ces sept emblèmes, moulés en métal ou en porcelaine et portés sur autant de piédestaux. Comme l'on a d'ailleurs trouvé dans l'Inde des représentations anciennes des Sapta-ratna¹, il valait la peine de noter que nous n'en avons pas rencontré jusqu'à présent dans l'école gréco-bouddhique.