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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s2.t3.19

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s2.t3.19

Language
French

v1.c7.s2.t3.19

Toutefois nous pouvons provisoirement déterminer, au moins dans ses grandes lignes, le parti que la tradition figurée avait pris en présence de l'indécision de la tradition écrite : il consistait, semble-t-il, à réserver pour l'enfance la scène de la leçon d'écriture et à renvoyer à la veille du mariage celle des exercices athlétiques. Cette tendance, qui se marque déjà dans le *Lalita-vistara*, est jusqu'à un certain point soulignée par le témoignage de Hiuan-tsang. Celui-ci a vu à Kapilavastu la place des deux salles, celle d'école et celle de gymnastique, du Bodhisattva; mais, tandis qu'il note à l'intérieur du *vihâra* qui marquait la première l'existence d'une image du prince royal « dans l'attitude d'un disciple qui reçoit ses leçons » (cf. fig. 165 *b*-167), il passe sans s'arrêter devant le *stûpa* qui commémorait la seconde, et ne décrit qu'un peu plus loin le « concours à l'arc » entre les jeunes Çâkyas¹. L'enlumineur de l'une des peintures dont B.-H. Hodgson a fait présent à la bibliothèque de l'Institut de France², mettant en tableaux toute la vie du Bodhisattva, a suivi exactement ce même plan : la leçon d'écriture est la douzième scène; le tir à l'arc n'est que la vingt et unième. Dans l'intervalle se placent tous les épisodes bien connus du cycle du mariage : choix de la fiancée par le *purohita* ou chapelain brahmanique de Çuddhodana; refus du père de la jeune fille, lequel donne justement pour raison l'incapacité notoire du prince en matière d'exercices du corps, ce qui semble exclure en effet toute espèce d'entraînement préalable; chagrin de Çuddhodana qui reconnaît le bien fondé de ce reproche; sa conversation avec son fils, au cours de laquelle celui-ci le décide à lancer un défi aux jeunes Çâkyas; meurtre par Dêvadatta, le jaloux cousin du Bodhisattva, de l'éléphant destiné à ce dernier³, etc. Or les représentations les plus claires que nous possédions du tir à l'arc et des luttes se rapportent sans hésitation, comme nous verrons, à ce même cycle; mieux encore, telle est la force de la tradition dans l'art bouddhique que nous allons déjà trouver sur les frises du Gandhâra la plupart des épisodes qu'égrène, à la façon des images d'Épinal, cette peinture népâlaise du xixe siècle.

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