L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s2.t3.23
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s2.t3.23
- Language
- French
v1.c7.s2.t3.23
LE CHOIX DE LA FIANCÉE. — A la vérité, nous ne pouvons guère citer cet obligatoire début que pour mémoire : toutefois nous nous hasarderions volontiers à voir dans la figure 168 un reste de cette scène, telle que la conte tout d'abord le Lalita-vistara. Ce brahmane amenant par la main une superbe jeune femme qui se détourne avec pudeur, comment ne pas être tenté de le prendre pour le chapelain de Çuddhodana en compagnie de la belle Gopâ, Yaçovatî ou Yaçodharâ, quel que soit le nom que les textes lui donnent. Ce qui confirme à nos yeux l'hypothèse, c'est que sur deux autres bas-reliefs le même groupe reparaît à la gauche du Bodhisattva¹ : d'après leur double analogie, c'est donc la figure de ce dernier que nous devons restituer par la pensée au milieu du panneau dont la figure 168 ne nous a conservé que le tiers de droite. On sait par ailleurs quel rôle d'agent matrimonial remplit, selon la coutume, le purohita ou « brahmane officiant » de la famille royale. Sans doute, à s'en tenir à la lettre du texte, il ne ramène pas la jeune fille conforme à l'idéal que s'est tracé et qu'a même rédigé en vers le jeune prince : il se borne à rapporter l'annonce qu'il l'a découverte; mais il va de soi qu'en sculpture la scène ne peut avoir de sens qu'à condition d'y introduire Yaçodharâ en personne. Quant à la seconde version du Lalita-vistara, conforme d'ailleurs à celle du Mahâvastu, nous n'en voyons pas trace sur nos bas-reliefs. D'après elle, les fiancés n'auraient été mis en présence qu'à l'occasion d'une sorte de svayamvara à rebours du Bodhisattva : ce dernier se serait en effet choisi une épouse au milieu d'un défilé de jeunes filles comme c'est la coutume des héroïnes épiques — et non pas seulement dans l'Inde — de s'élire un mari entre la foule des prétendants. Du même coup les précédentes démarches du pieux entremetteur deviendraient parfaitement inutiles, et l'intercalation ne jurerait pas moins avec la suite du récit. Celle-ci rentre, en effet, dans la vieille formule féodale, où la main de la belle est proposée comme
Cites (2)
- Mahāvastu — Sanskrit
- Lalitavistarā — Haribhadra Sūri, Sanskrit