L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s3.2
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s3.2
- Language
- French
v1.c7.s3.2
Jusqu'ici, dans l'enfance et la jeunesse du futur Buddha, nous n'avons rencontré que des tableaux profanes et qui pourraient aussi bien appartenir à la biographie de n'importe quel « fils de famille » (kula-putra) particulièrement bien doué. Éducation, mariage, vie de plaisirs, ce sont là les thèmes ordinaires que forcément les textes ressassent à toute occasion. Faut-il donc croire que, depuis les prodiges qui accompagnèrent sa naissance, aucun événement plus ou moins miraculeux n'était venu faire pressentir l'avenir réservé au Prédestiné? La tradition qui nous devait, selon l'expression de M. Senart, un « évangile de l'enfance »¹ ne l'aurait pas permis. Nous allons voir d'abord sa vocation s'éveiller et le pousser de façon irrésistible, en dépit des liens les plus doux comme des obstacles les plus forts, à sortir définitivement du monde (abhiniṣkramaṇa); puis, quand il aura embrassé la vie religieuse, nous serons témoins de ses longues aspirations et de ses pénibles efforts vers le but suprême de toutes ses vies, à savoir la bodhi ou illumination; enfin il parviendra à la parfaite sagesse et le manifestera aux hommes par sa prédication (dharma-cakra-pravartana). Telles sont les trois phases principales de ce que l'on pourrait appeler d'un mot le « cycle de la Bodhi ». A suivre pas à pas l'évolution psychique qui transforme ainsi un laïque, qui est un prince, en un moine, qui est un Buddha, nous ne pouvons manquer de faire au point de vue plastique des observations intéressantes sur la transformation parallèle que subit l'apparence physique du héros de nos bas-reliefs, si même nous ne voyons pas un type nouveau sortir de cette métamorphose.