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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s3.t2.25

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s3.t2.25

Language
French

v1.c7.s3.t2.25

Le plus sûr est donc, pour l’archéologue, d’accepter l’essai de consolidation concrète de la légende que lui offre le *Divyāvadāna* et d’en revenir à la triple division que nous exposions dès le début de ce paragraphe. La première met le religieux Gautama en présence d’un ermite qui serait le descendant du fameux *ṛiṣi* Bhṛigu et qui lui proposerait de partager son ermitage. D’après la version tibétaine, il se bornerait à lui donner ce renseignement qu’il n’est encore qu’à douze *yojana* de Kapilavastu. Dans le *Buddha-carita*, les divers ascètes qui prennent la parole ne sont pas nommés; mais on ne saurait mieux décrire celui de la figure 189 : « Un certain brahmane, de haute taille, portant chignon et vêtu d’écorce, aux yeux rougis, au long nez mince, tenant à la main un vase à eau, prit la parole... » : et il conseille au nouveau religieux de se rendre chez le *muni* Ārāḍa. C’est donc toujours d’un renseignement qu’il s’agit, et plus volontiers nous assignerions à cette scène les bas-reliefs où l’ascète tient ses deux doigts levés. En aucun cas on ne s’expliquerait mieux le paisible sans-gêne avec lequel, par une exception presque unique sur nos sculptures, il demeure assis devant le Maître debout. Le fait ne se reproduira plus qu’une seule fois, et, circonstance aggravante, après la Sambodhi (cf. fig. 223) : mais ce sera pour traduire une orgueilleuse animosité qui paraît bien étrangère au brahmane des figures 189 et 190. Ici s’intercalerait le deuxième épisode, soit l’entrevue avec Bimbisāra (fig. 188). Nous réserverions enfin pour le troisième, à savoir « l’entrée chez Ārāḍa-Udraka » (*sic*), les tableaux où l’anachorète se soulève sur son siège devant le beau *çramaṇa* dont il est censé admirer de loin la démarche (fig. 191). Qui sait même si ce bas-relief de Sanghao n’a pas voulu rivaliser avec le *Divyāvadāna* et synthétiser à son tour le passage du néophyte chez ses deux maîtres brahmaniques, en plaçant Udraka en méditation dans la hutte même à laquelle serait adossé Ârâḍa?

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