L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s3.t2.32
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s3.t2.32
- Language
- French
v1.c7.s3.t2.32
tiennent à la gauche du Bodhisattva¹ deviendraient, par exemple, ces *deva* qui lui offrirent de lui insuffler secrètement par les pores (*mot à mot* : par les puits de ses poils) une surnaturelle vigueur. Quant à la femme debout à sa droite, ce pourrait être sa mère Mâyâdêvî que l'annonce de sa mort par épuisement a, nous dit-on, fait descendre du ciel des Trente-trois dieux où elle était renée : car le fait d'avoir porté dans ses flancs le futur Sauveur lui avait valu cette double promotion à la condition divine et au sexe supérieur. Mais il faudrait donc admettre que, pour la circonstance, elle a repris sa forme féminine? On ne pense jamais à tout, et ce seul trait suffit pour que cet épisode supplémentaire, particulier dans la littérature indienne au *Lalita-vistara*, mais bien connu de l'imagerie chinoise et japonaise, se trahisse comme ayant été suggéré par une interprétation populaire d'une figure de femme, ainsi « debout sur la terre » (*dharaṇī-tala-sthā*) aux côtés du Gautama pénitent. Disons toutefois que ce paisible bas-relief ne nous encourage nullement à procéder à cette distribution générale de rôles plus ou moins dramatiques. Les deux *deva*, qui paraissent se borner à faire consciencieusement leur métier d'assistants — dans l'un, nous reconnaissons d'ailleurs Indra à sa coiffure, et dans l'autre, si la tête n'était brisée, nous reconnaîtrions sans doute Brahmâ à son chignon, — sont en somme, sans oublier de leur adjoindre Vajrapâṇi, les deux acolytes ordinaires dans le cycle de la Bodhi. Quant à la femme, il est plus sage, conformément à la tradition la plus répandue, de l'identifier avec celle (de quelque nom qu'on veuille l'appeler, Sujâtâ, Nandabalâ, etc.) qui fit au futur Buddha l'aumône de sa première nourriture après son long jeûne : le fait qu'elle lui présente à deux mains une offrande vient en outre, ici, confirmer cette attribution.
Cites (1)
- Lalitavistarā — Haribhadra Sūri, Sanskrit