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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s3.t2.40

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s3.t2.40

Language
French

v1.c7.s3.t2.40

Si nous reprenons la liste du *Divyâvadâna*, nous passons du lieu où le Bodhisattva, après six ans d'abstinences, mangea son premier riz au lait à « celui où, comme il allait vers l'arbre de la Bodhi, il fut loué par le roi des Nâgas Kâlika, et il est dit : « Par le roi des Nâgas Kâlika il fut loué, lui, le premier des (hommes) à la parole articulée, tandis qu'il s'en allait par ce chemin vers l'aire de l'illumination, en quête de l'immortalité. » Tous les autres textes, tant pâlis que sanskrits, sont en effet d'accord pour nous dire que Kâla, ou Kâlika, prédit au Prédestiné le succès de ses efforts et « le loua avec des stances »(1). Le *Lalita-vistara* ajoute même que sa première reine, la Nâgî Suvarṇaprabhâsâ (Éclat-de-l'or) joignit ses hommages à ceux de son époux. Nous apprenons d'autre part, encore par le *Divyâvadâna*, qu'Açoka était censé avoir établi un *caitya*, c'est-à-dire un sanctuaire, autour de la demeure du Nâga. De son côté, Hiuan-tsang, parmi les saints vestiges de Bodh-Gayâ, ne manque pas de mentionner cette même « demeure » à deux ou trois *lis* en dehors de la porte orientale de l'enceinte de l'arbre de l'Intelligence, c'est-à-dire justement sur le chemin qui conduit de l'arbre à la Nairañjanâ. A la vérité, il ne parle que du « Nâga aveugle » ; mais cela prouve seulement que la légende de Kâlika avait subi dans l'intervalle une curieuse déformation. Le *Mahâvastu* et le *Buddha-carita* veulent qu'il ait été attiré hors de sa retraite souterraine par le bruit des pas du Bodhisattva ou de son cortège; mais, dans le *Lalita-vistara*, il est dit que « la demeure du Nâgarâja Kâlika, remplie de ténèbres en raison de ses mauvaises actions passées, fut illuminée par la splendeur qui émanait du corps du Bodhisattva » et que « le Nâga reconnut à ce signe l'avènement d'un nouveau Buddha ». C'est cette tradition qui avait survécu à Bodh-Gayâ; seulement, en passant de bouche en bouche, le sens en avait été légèrement forcé, et Hiuan-tsang a entendu « que les yeux du dragon s'ouvrirent tout à coup à la lumière »; il est évident que nous avons simplement affaire à une sorte de matérialisation populaire du miracle et que son « dragon aveugle » n'est autre que le Nâga Kâlika.

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