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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s3.t2.5

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s3.t2.5

Language
French

v1.c7.s3.t2.5

On sent l'importance capitale de cette constatation au point de vue plastique. Elle seule permet, comme nous allons voir, l'identification d'un groupe intéressant de bas-reliefs qui, à leur tour, la vérifient. Mais on devine en même temps à quelles confusions nous expose le fait que le Bodhisattva revêt ainsi, dès avant la Sambodhi, la forme extérieure d'un Buddha. Les méprises possibles sont de deux sortes, soit que l'on tente de rapporter à sa carrière magistrale un épisode antérieur à son illumination, soit au contraire que l'on reporte avant cette illumination une scène qui lui est en réalité postérieure. Les bas-reliefs accessibles vont nous fournir des exemples de la facilité avec laquelle l'une ou l'autre de ces erreurs — et, pour commencer, la seconde — peut et a pu être commise : car il ne faudrait pas croire que ces fausses identifications aient attendu, pour être proposées, la venue des archéologues; plusieurs d'entre elles étaient déjà courantes parmi les fidèles du Gandhāra. En se plaçant à un tout autre point de vue que le nôtre, M. Windisch a déjà constaté dans les textes « une tendance de plus en plus marquée à représenter de façon toujours plus vivante la période qui précède la Sambodhi »² : c'est ainsi que, sur la table de concordance dressée par lui, nous voyons les incidents qui la remplissent passer du nombre de cinq dans le *Sutta-nipāta* à celui de quinze dans le *Lalita-vistara*. Or nous dirions volontiers que la plupart ont ce caractère commun de rappeler à l'avance — telle l'ouverture d'un drame lyrique — les motifs qui se joueront plus tard au cours de la carrière du Maître. Assurément nous ne venons pas prétendre que tous aient été ainsi transposés d'une période à l'autre sous l'influence des monuments figurés; mais comment douter que ces transpositions n'aient pu être, en certains cas, favorisées par le fait qu'immédiatement avant comme après la Sambodhi, Buddha véritable ou Bodhisattva sous forme de Buddha, la figure centrale des bas-reliefs restait identiquement la même?

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