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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s3.t2.61

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s3.t2.61

Language
French

v1.c7.s3.t2.61

Trompé par l'éclairage d'une photographie, il a cru que le corps de la divinité de l'arbre sortait de derrière le trône qu'il a pris pour un autel : cela lui a donné à penser qu'il s'agissait d'un Nâga demandant à être admis dans l'ordre bouddhique. La conjecture n'est guère tenable en soi; elle ne l'est plus du tout si l'on examine, pour ainsi parler, le contexte de la frise où le bas-relief se présente. Mais un simple coup d'œil jeté sur les véritables scènes de Nâga (cf. fig. 194-196) suffit pour qu'on se rende compte de la facilité avec laquelle le trône de la Bodhi peut ici être confondu avec un bassin et la divinité de l'arbre sacré avec un serpent anthropomorphe. Nous ne sommes même pas sûr que ces ressemblances de forme n'aient pas été exploitées par les auteurs des bas-reliefs. Voyez, en effet, la troisième réplique que nous possédions du Bodhi-maṇḍa-vyūha (cf. fig. 200 b). Le Bodhisattva y entre par la gauche et non plus par la droite, et il s'apprête seulement à déposer sur ce qui va devenir son siège la gerbe qu'il a reçue de Svastika et qu'il tient encore à deux mains. Mais, ici non plus, l'attribution ne fait aucun doute : le feuillage caractéristique du figuier sacré au-dessus du trône historique suffirait à la fixer, même en l'absence du traditionnel cortège où Brahmâ et Indra se laissent encore reconnaître en même temps que Vajrapâṇi. Quel est cependant le personnage dont le buste émerge cette fois, non plus de l'arbre, mais du trône ? Est-ce encore, comme le voudrait l'analogie de la figure 199, la divinité de l'arbre ? Ou plutôt celle-ci ne se serait-elle pas transformée pour les besoins de la cause en un buste humain du Nâga Kâlika ? Notez en effet que la place manque pour faire figurer celui-ci en pied dans le tableau. Aussi ne voudrions-nous pas jurer que l'exégèse des fidèles bouddhiques n'ait de bonne heure flotté de l'une à l'autre de ces identifications entre lesquelles l'artiste ne leur avait pas plus qu'à nous donné les moyens de choisir.