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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s3.t3.35

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s3.t3.35

Language
French

v1.c7.s3.t3.35

Bien que le motif qui devait prévaloir dans l'usage de l'iconographie postérieure fût déjà employé au Gandhâra, on y avait aussi volontiers recours à un autre. Celui-ci, postérieur à la Bodhi, n'a pas eu la même fortune auprès des fidèles bouddhiques : il ne semble pas qu'il ait été très heureusement choisi. La tradition veut que le Buddha soit demeuré sept fois sept jours dans le voisinage immédiat de l'arbre de la Bodhi : « et il goûtait la béatitude de la Délivrance ». Il est vrai que ces sept semaines sont singulièrement vides ou se bornent à rééditer de nouvelles scènes de tentation. L'une pourtant est signalée par un épisode d'une originalité si frappante, qu'on s'explique mal que nos sculpteurs ne s'y soient pas dès l'abord arrêtés : nous voulons parler de la scène où le roi des serpents, Mucilinda², enveloppe sept fois de ses anneaux le corps du Maître et l'abrite de l'orage sous le large dais de son chaperon éployé. Mais peut-être le sujet était-il décidément trop dans le goût indien pour plaire à l'école gréco-bouddhique. A-t-il même au cours dans la vallée du Gange? Ce n'est, à notre connaissance, que sur les sculptures d'Amarâvatî que nous rencontrons, pour la première fois, le Buddha assis sur les replis du Nâga et abrité sous son capuchon polycéphale : et c'est apparemment de l'Inde méridionale que ce motif aura été introduit en Indo-Chine, où l'art khmêr en devait tirer un si magnifique parti décoratif. Passant toujours outre à la recherche d'un motif caractéristique, les maîtres du Gandhâra ne purent tout de même dépasser le dernier jour de la septième semaine. Pendant tout ce temps, le Buddha ne s'est nourri que de sa félicité : l'heure est venue de prendre une nourriture plus substantielle. De même que le dernier repas qu'il ait pris avant la Sambodhi lui a été offert par Sujâtâ, c'est à deux marchands du pays d'Orissa, nommés Trapûsa et Bhallika, qu'il est redevable du premier qu'il ait fait ensuite. De ces deux premiers « fidèles laïques » ou *upâsaka*, que nous pourrions nous attendre à voir défiler, comme sur les albums chinois, poussant devant eux leur caravane, nous ne possédons pas de représentations tout à fait certaines : peut-être ce sont eux que nous voyons apporter leur offrande sur un fragment du Musée de Lahore (*A. M. I.*, pl. 139, 2); peut-être devons-nous les reconnaître dans les deux personnages qui se tiennent debout, une besace à la main, de chaque côté du Buddha assis sous l'arbre de la Science, dans le compartiment du milieu de la figure 192 *b*; peut-être enfin faudrait-il les chercher de préférence au-dessous des scènes où est représenté le culte du vase à aumônes du Buddha, dont la miraculeuse origine est en si intime connexion avec leur histoire (cf. fig. 47-48). Un point est certain : c'est justement de cet épisode subsidiaire de l'« offrande du vase à aumônes » que les sculpteurs du Gandhâra se sont emparés pour offrir à leur clientèle une seconde approximation à l'impossible scène de l'*abhisambodhana* (cf. fig. 208 *b*).