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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s3.t3.37

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s3.t3.37

Language
French

v1.c7.s3.t3.37

L'OFFRANDE DES QUATRE BOLS. — Ce n'est en effet qu'après avoir réduit à un seul les quatre bols à lui offerts par les quatre rois, que le Vainqueur mangea dans la joie le riz au lait » offert par les deux marchands. On nous explique en détail¹ qu'à l'exemple des « Prédestinés du temps passé, Buddhas parfaitement accomplis », le Çâkya-muni ne peut accepter d'offrande avec ses mains, mais seulement avec un bol (*pâtra*). Comme il a jeté le vase d'or de Sujâtâ dans la rivière Nairañjanâ avant de se mettre en marche vers l'arbre de la Science, il n'a plus rien entre les mains pour recevoir les aumônes des marchands : « Or, sachant que le moment de manger était venu pour le Prédestiné, à l'instant même, des quatre points cardinaux les quatre rois arrivèrent et, portant des bols d'or, les offrirent au Prédestiné : « Que le Bienheureux nous fasse la grâce d'accepter ces quatre bols d'or. » — « Ces bols ne sont pas convenables pour un religieux » : dans cette pensée, le Prédestiné ne les accepta pas. » Tour à tour les dieux, gardiens des quatre régions de l'espace, lui présentent des vases faits de toutes sortes de matières précieuses, et le Buddha les refuse à chaque fois. Enfin, d'après les textes du Nord, ils finissent par où, d'après le *Mahâvagga*, ils ont commencé et apportent « chacun dans leurs mains » quatre vases de pierre. C'est là sans doute le moment exact qu'a choisi le créateur du motif; il suffit de jeter les yeux sur les figures 208 *b* et 210 pour s'en convaincre; mais si le fait que l'artiste a représenté « l'offrande des quatre bols par les quatre rois » est incontestable, il n'est pas moins aisé de démontrer que tel n'était pas son seul but et qu'il voulait en même temps suggérer autre chose. C'est ainsi que le n° 189 de Lahore (fig. 208 *b*) se combine avec les nos 281 (Nativité) et 177 (Première prédication) — la scène de la mort est perdue — pour figurer dans la tétrade le moment de l'illumination; citons encore l'exemple du n° 399 qui tient le même rôle sur une autre base carrée (celle-ci conservée au complet), en compagnie des nos 355 (Nativité), 143 (Première prédication, voir fig. 208 *c*) et 376 (*Parinirvâna*).