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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s3.t3.41

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s3.t3.41

Language
French

v1.c7.s3.t3.41

en haut par autant de divinités assistantes : il a gardé sa place sous le figuier et sur le trône de la Sambodhi, ainsi que les fleurs qui décorent la face antérieure de l'un¹ et le feuillage spécial de l'autre nous en avertissent. Or, si le dessein de l'auteur avait été de représenter uniquement et pour elle-même l'offrande des quatre bols par les quatre rois, cette double indication aurait été fausse et, qui pis est, inutile : cela fait deux raisons pour une de penser qu'en réalité il avait un autre but. Le Buddha, depuis tantôt six semaines, a quitté son siège au pied de l'arbre de la Science ainsi que nous en avertissent le Lalita-vistara et le Mahāvastu¹; d'autre part, le nombre, le geste et l'attribut spécial des quatre Lokapālas suffisent, et au delà, pour prévenir toute confusion. Aussi, fort du voisinage des trois autres grandes scènes, l'auteur de la figure 208 b s'est-il dispensé de commettre cette erreur superflue; si celui de la figure 210 s'y est volontairement résigné, c'est que les scènes voisines ne lui étaient ici d'aucun aide et qu'il n'a dû compter que sur les détails mêmes de son bas-relief pour en préciser la signification réelle. Il la souligne donc, pourrait-on dire, par trois fois en ajoutant au trait de la présence des Lokapālas ceux du siège et de l'arbre fatidiques. En d'autres termes, les quatre rois ne sont, au même titre que le figuier ou le trône orné, qu'une indication de plus de ce qui est le véritable sujet, à savoir l'obtention par le Prédestiné de la parfaite intelligence. Peut-être même est-ce la meilleure excuse que l'on puisse offrir du fait que nulle part le sculpteur n'a tenté de donner à chacun de ces quatre personnages une physionomie un peu originale et qui le distingue de son voisin : ne figurant qu'en qualité de lakṣaṇa, ils n'auraient pas droit eux-mêmes à des lakṣaṇa particuliers. Mais surtout il est intéressant de constater l'emploi, pour figurer l'abhisambodhana, d'un incident qui se passe, au su de tous les textes, quarante-neuf jours après le moment solennel qu'il s'agissait de commémorer : sur la figure 208 b comme sur la figure 210, nous devons reconnaître à la seule présence des quatre Lokapālas — renforcée là par le voisinage des trois autres grands miracles, ici par les deux signes précis, bien que déplacés, du trône et de l'arbre — la représentation voulue et même cherchée de la parfaite illumination du Çâkya-muni.

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