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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s3.t3.50

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s3.t3.50

Language
French

v1.c7.s3.t3.50

vers mêlés de prose du *Lalita-vistara*. Que le Çâkya-muni ait eu, dès le début des « sept semaines », pleine conscience de son avènement à l'état de suprême Buddha et qu'il en ait rendu témoignage aux dieux dès ou avant la fin de la première, nous n'avons pas ici à en douter : mais, le plus orthodoxe bouddhique devra en même temps le reconnaître, la preuve décisive n'en est vraiment donnée au monde que du jour où, dans une prédication publique, le Bienheureux fait pour la première fois « tourner la roue de la loi ». Or il est de règle — tous nos textes du moins l'assurent — que le nouvel illuminé commence par éprouver une légitime hésitation à communiquer aux hommes la vérité qui vient de lui apparaître. Trop profonde, elle risque de rester lettre close pour eux : ce serait donc perdre sa peine... Alors une grande troupe de dieux, où Brahmâ, Indra et les quatre Lokapâlas jouent toujours le principal rôle, s'approche de lui : et tour à tour Indra, puis Brahmâ lui adressent en termes différents la même requête : que le Bienheureux veuille bien « faire tourner la roue de la loi », — en d'autres termes, prêcher sa doctrine¹. On juge quelle importance devait avoir aux yeux des Bouddhistes cette scène où le salut de l'humanité trembla un instant dans la balance. Mais, si le moment est solennel, on ne peut pas dire qu'il soit très dramatique. Le Buddha et deux ou plusieurs divinités, voilà tous les personnages ; l'hésitation de l'un, la prière des autres, voilà toute l'action. Il y a peu d'apparence qu'un pareil sujet ait été spontanément choisi par les artistes ; mais, s'il ne se recommandait pas par ses qualités pittoresques, il fut apparemment imposé par la piété des donateurs : car nous croyons en reconnaître au moins deux répliques parmi les bas-reliefs du Gandhâra.