L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s5.2
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s5.2
- Language
- French
v1.c7.s5.2
Cependant, à travers toutes ces vicissitudes, la longue carrière du Buddha touche à son terme : « Je suis fatigué, ô Ânanda, et voudrais me coucher. » Pour la première fois, nos bas-reliefs nous le montrent étendu sur un lit, et ce sera aussi la dernière : ce lit est en effet celui de sa mort définitive, et désormais « il n’y a plus de renaissance pour lui ». Si jamais trépas fut un dénouement, ce serait donc ce *parinirvâna* sans « résidu » comme sans retour possible. Mais, en réalité, les rites funèbres — cette grave préoccupation de notre antiquité classique — ont toujours eu, dans les idées indiennes, plus d’importance que la croyance généralement admise à la transmigration des âmes n’aurait logiquement dû leur en laisser : aussi les artistes du Gandhâra apportent-ils à représenter la crémation du Buddha autant de soin qu’Homère, par exemple, à décrire celle de Patrocle. Enfin dans le cas d’un aussi « rare » et saint personnage, il n’importait pas moins aux fidèles de savoir comment l’on avait disposé de ses cendres ; ce pieux souci des reliques nous est trop familier en Europe pour requérir la moindre explication : il trouve également sa satisfaction sur les sculptures gréco-bouddhiques. La fin du Bienheureux se subdivise ainsi d’elle-même en trois scènes, ou groupes de scènes, qui figurent tour à tour sa mort, ses funérailles et la répartition de ses restes sacrés. En d’autres termes, sa biographie illustrée ne se termine pas, comme on a pu croire, avec sa dernière heure, mais seulement avec le dépôt de ses reliques dans les *stûpa* élevés pour les recouvrir¹.