L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s5.t2.16
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s5.t2.16
- Language
- French
v1.c7.s5.t2.16
Si maintenant nous remontons d'un motif ou deux en arrière, tout ce que nous avons déjà vu donne à croire que, même auprès du lit du Buddha mort et enseveli, la signification de cette scène n'a pas de raison pour changer. Il est vrai de dire que, dans les textes, par deux fois les Mallas s'étonnent, et par deux fois Aniruddha les rassure et les conseille : la première fois, quand ils sont incapables de soulever le corps du Maître; la seconde, quand ils ne réussissent pas à mettre le feu à son bûcher. Mais, outre que nos artistes ne nous ont pas paru s'inquiéter du déplacement du cadavre, le fait que le Malla tiendrait une torche indiquerait bien qu'il s'agit du second épisode. Or ce dernier est chronologiquement antérieur au motif de l'arrivée de Mahâkâçyapa avec lequel il alterne sur nos répliques du Parinirvâna. Son introduction dans le tableau de la mort se justifierait donc encore plus aisément que pour celui-ci, et, d'autre part, leur alternance corroborerait jusqu'à un certain point l’explication que nous avons proposée. En somme, la présence du Malla n’aurait d’autre but que de nous faire pressentir la venue du grand disciple; quand celui-ci se montre, le Malla, devenu inutile, n’a plus qu’à disparaître, et c’est à quoi il ne manque pas. Vus de ce biais, les groupes du Malla conversant avec Aniruddha ou de Mahâkâçyapa s’informant auprès de l’ascète ne semblent n’avoir été, à l’origine, que des doublets l’un de l’autre, au moins pour ce qui est de leur signification légendaire(1). Tous deux procèdent d’un même souci et ont une portée équivalente : ce ne sont, en définitive, que deux façons pour une de rappeler par les yeux à l’esprit du fidèle l’incident de la mort du Buddha qui était décidément resté dominant dans le goût populaire, arbitre des préférences de nos sculpteurs, nous voulons dire le miracle que provoque l’absence et que dénoue la tardive venue de Mahâkâçyapa.