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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s5.t2.20

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s5.t2.20

Language
French

v1.c7.s5.t2.20

de pierre où nous l'avons déjà aperçu tout à l'heure (fig. 286). Nous comprenons même pourquoi l'auteur de ce dernier bas-relief avait remplacé le lit du *Parinirvâna* par une couche moins combustible : c'était dans la louable intention de ménager la transition entre la scène de la mort et celle de la crémation. Sur la droite de la figure 287 se montrent enfin les arbres accoutumés : nous retrouvons encore ici à l'œuvre la tendance déjà signalée plus haut et qui portait à rétablir l'unité de lieu pour ces divers actes d'un même drame. Cette simplification était bien dans le goût populaire; elle n'était pas moins dans les habitudes routinières des artistes, toujours prêts à reproduire machinalement les mêmes décors dans leurs suites de tableaux de pierre. Çà et là, cette forme vulgaire de la tradition finit par percer sous la version consacrée. Pour les Singhalais et les Birmans, le *Mukuṭabandhana-caitya*, que le *sutta* pâli donne pour théâtre à la crémation, n'est autre que la « salle de couronnement » des Mallas : ils se mettent néanmoins en peine de nous expliquer que pas une pousse des arbres ni aucun des insectes qui les habitent n'eurent à souffrir de la brûlante chaleur dégagée par le bûcher¹. Une inconséquence aussi flagrante prouve bien que l'imagination des fidèles associait malgré les textes, et au gré des sculptures, les fameux arbres *çâla* à toutes les péripéties de la fin du Maître. Il se peut enfin que l'absence sur toutes nos images d'un bûcher digne de ce nom, ait donné faveur à une tradition à qui la mention ancienne des *tela-doṇi* a dû donner naissance. Les témoignages recueillis par Hiuan-tsang et Sp. Hardy veulent que le cercueil ait été rempli d'huile, tandis que le texte du *sutta* ne fournit aucune raison de supposer que les « auges à huile » qui servirent de réceptacle au cadavre du Bienheureux en continssent la moindre goutte².