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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s6.2

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s6.2

Language
French

v1.c7.s6.2

Le Buddha est mort, brûlé et enterré : le rideau tombe. Nous n'avons rencontré aucun motif qui fût postérieur, nous ne disons pas au trépas du Bienheureux, mais à la « mise au stûpa », c'est-à-dire « au tombeau » de ses cendres. Les sujets que traitent encore les albums chinois, et qui sont relatifs soit à la rédaction des écritures (*tripitaka*), soit à l'histoire postérieure de l'Église, semblent jusqu'ici parfaitement inconnus à l'art bouddhique de l'Inde. Sur aucune image indienne nous n'avons vu, pour citer un exemple des plus typiques, lors de la fondation simultanée des 84,000 stûpa d'Açoka, le bras du révérend Upagupta s'allonger d'une façon prodigieuse jusqu'à marquer l'heure du doigt au cadran du soleil. Ainsi se vérifie la règle qu' nous avons cru pouvoir énoncer (p. 265), et d'après laquelle l'école du Gandhâra se serait uniquement attachée à mettre en bas-reliefs la légende du Maître. Lui toujours, lui partout : de quelque nom qu'il s'appelle (Bodhisattva, Siddhârtha, Çramaṇa Gautama ou Buddha Çâkya-muni) et quelque forme qu'il revête (prince charmant, ascète émacié ou moine idéal), sa figure domine presque toutes les compositions, et nous avons pu et dû établir de lui une biographie illustrée en même temps que nous dressions l'inventaire du répertoire de nos sculpteurs. Assurément nous ne saurions donner cet inventaire comme définitivement arrêté. Sans parler des quelques bas-reliefs encore rebelles à l'identification¹, le grand nombre des monuments détruits, le hasard des trouvailles, l'absence de fouilles complètes et suivies, maintes raisons diverses et que nous avons dites invitent sur ce point à la plus grande circonspection. Çà et là, nous avons eu à signaler de surprenantes lacunes (voir p. 270, 319 et 348). Il ne nous a pas moins été donné de cataloguer, outre les motifs décoratifs, près de quatre-vingts sujets légendaires distincts, et la liste ainsi compilée est comparable, pour la variété et la richesse, à celle que fournissent les sarcophages chrétiens antiques et les ivoires byzantins. Au terme de cette laborieuse enquête, il semble que nous nous rendions un compte plus exact de la matière de l'art gréco-bouddhique et que nous ayons pu définir de façon assez sûre les cadres où se répartissent ses productions. Après avoir fait défiler un à un sous nos yeux des spécimens typiques de tous ces bas-reliefs, il serait peut-être à propos de jeter un coup d'œil sur l'ensemble de la série et de formuler, si possible, leurs caractères les plus généraux en résumant l'impression que leur étude détaillée nous a laissée.