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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s6.t1.3

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s6.t1.3

Language
French

v1.c7.s6.t1.3

LA COMPOSITION. — Le système général de la composition des scènes ne dénonce pas moins clairement les mêmes influences hellénisantes. Le fait dominant est ici la substitution des frises horizontales aux médaillons et aux compartiments de balustrades où se dépensait le talent des vieux imagiers. La comparaison des figures 142 et 143 nous a fourni de cette différence entre les habitudes des deux écoles une vérification expérimentale qu'il eût été loisible de répéter. A chaque fois, nous aurions vu les épisodes, jusque-là entassés et enchevêtrés, s'aérer et s'ordonner, au sortir de leur cadre trop étroit, pour se dérouler à l'aise le long des frises. Celles-ci sont rarement « continues »; nous voulons dire qu'il en est peu où les scènes se suivent sans aucune séparation marquée, se transformant insensiblement les unes dans les autres comme celles qui se développent autour de l'autel de Pergame ou s'enroulent autour de la colonne de Trajan (cf. fig. 231 et 257). Quelquefois elles sont seulement séparées par de petits arbres (cf. fig. 143-144); mais, le plus souvent, des pilastres ou des colonnettes engagées les divisent, comme des triglyphes, en autant de métopes. C'est ainsi que la base de stûpa de la figure 73, par exemple, reproduit assez bien l'ordonnance classique d'un entablement. Le centre de ces panneaux est d'ordinaire occupé par une figure debout ou assise de Buddha, ou du moins d'un être destiné à le devenir un jour (Bodhisattva). La taille de ce personnage est fréquemment disproportionnée par rapport à celle des assistants, soit que nous devions chercher dans cette exagération une manière de se conformer aux données de la tradition (cf. p. 523), soit qu'il faille seulement voir dans ce moyen grossier de le mettre en vedette une marque bien connue de décadence artistique. Quoi qu'il en soit, vers lui convergent tous les autres acteurs ou spectateurs de la scène, symétriquement rangés ou même superposés à ses côtés. Un effort constant se marque pour balancer harmonieusement des deux parts le nombre et l'importance respectifs de ses acolytes. Enfin, quand un incident quelconque le rejette sur la droite ou la gauche du panneau, — il s'agit d'ordinaire d'une rencontre faite en marche : car, assis, nous ne l'avons vu ainsi déplacé qu'une seule fois (fig. 247), — du moins la règle absolue subsiste toujours qu'il ne se montre jamais qu'au premier plan. On ne saurait, en effet, considérer comme une infraction à cette loi pieuse la liberté qu'a prise parfois l'artiste de meubler le devant de son siège ou de son lit avec des animaux, des petits enfants ou des figurants accroupis (fig. 276-284, 252, 246-247, 231, 225 b, 220, 203 et 175), sans jamais cacher la moindre part de son auguste personne.