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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s1.t2.1

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s1.t2.1

Language
French

v2.c14.s1.t2.1

LES NÂGAS. — Nous ne devons pas nous laisser illusionner par le caractère et le pouvoir surnaturels de ces génies : en fait leur condition est inférieure à celle de l'homme qui les vénère parce qu'il les craint : « Nous autres Nâgas, avouent-ils eux-mêmes, nous sommes des êtres déchus... » Les textes les classent comme intermédiaires entre l'homme et la bête, sinon même comme des bêtes (1). Leur misérable condition leur interdit d'aspirer d'emblée au salut et ils ne sauraient prétendre à la condition de moines (2). Habitants des fontaines, des lacs ou des rivières, ils peuvent être bienfaisants ou malfaisants, au gré de leur humeur. Les uns comme Élâpatra, en répandant à la bonne saison juste ce qu'il faut de pluie, assurent la prospérité du pays qu'ils hantent ; d'autres, comme Apalâla, le désolent au contraire par leurs inondations périodiques (3) ; certains enfin sont redoutables à tout venant et sèment autour d'eux la mort par le seul poison de leur regard ou de leur haleine (4). — Comme nous l'avons vu, les meilleurs d'entre eux payent au Buddha le tribut de leurs éloges et viennent mettre son recours en lui, tandis que la méchanceté des pires provoque l'intervention du Bienheureux