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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s1.t3.9

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s1.t3.9

Language
French

v2.c14.s1.t3.9

Il n'y a pas, en effet, à se le dissimuler : les Yakṣas sont plutôt mal famés dans la littérature bouddhique. Évidemment, l'imagination populaire s'en défiait, et ce n'était pas sans cause. Leurs goûts étaient connus, et ces goûts étaient déplorables : qui voulait les satisfaire devait leur offrir un bali de viande, de poisson et surtout d'alcool¹. De ces brutales propensités provient leur zèle intéressé en faveur de la coutume des sacrifices sanglants². Elles les rendent même plus que suspects de cannibalisme. S'ils provoquent ici le mirage du désert³, là une maladie épidémique⁴, c'est uniquement pour satisfaire leurs instincts d'anthropophages. C'est de leur cruauté que se sert la légende pour éprouver la générosité sans bornes du Bodhisattva⁵. Nous avons rencontré sur nos bas-reliefs un de ces ogres, le Yakṣa Āṭavika (I, p. 508), qui hantait un figuier des banyans et dont le nom souligne encore le caractère de déité sylvestre⁶. L'auteur de la figure 253 s'est laissé aller — influencé sans doute par son titre de roi des Yakṣas⁷ — à donner une allure punière à cet habitant de la djangle. Plus fidèles à l'esprit des textes comme aux idées populaires, ceux des figures 252 et 323 lui attribuent, sinon les canines proéminentes, du moins la chevelure hérissée voire même la barbe hirsute que nous retrouvons chez tous ses congénères de Boro-Boudour (fig 513). Si l'on pense que ces truculents personnages, leur général Pañcika en tête, ne font sur ce bas relief que remplir une mission pacifique, on doit reconnaître qu'ils jouaient déjà à Java le rôle qu'ils continuent à remplir au Cambodge, celui de croque-mitaine¹.