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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s2.5

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s2.5

Language
French

v2.c14.s2.5

Il ne faudrait pas croire en effet que, pour être devenus adhérents du Buddha et pourvoyeurs de ses moines, ces bons laïques eussent pour cela renoncé, ni même eussent été sollicités de renoncer à la foi commune. La conversion au bouddhisme entraînait quelques obligations nouvelles, elle ne nécessitait aucune espèce d'abjuration. Loin de professer aucune hostilité à l'endroit de la religion populaire, les textes se contentent de l'accommoder à leur propagande en faisant des dieux traditionnels — le seul Māra excepté — les premiers et les plus dévots adorateurs du Maître (1). En revanche, et comme par un échange de bons procédés, ils font celui-ci recommander leur culte aux fidèles en échange de leurs bienfaits : « car celui qui est aimé des dieux la bonne fortune devient son partage (2) ». Nous ne pouvons douter que chaque upāsaka n'ait ainsi conservé parmi les innombrables divinités de l'hindouisme, ce qu'on appelait son iṣṭa devatā, sa « favorite » et, pour ainsi dire, sa patronne, celle à qui recourir dans les circonstances tragiques comme en vue des besoins courants de la vie, aussi capable de le sauver des « huit périls » de mort (3) que de l'aider à retrouver les objets perdus. Il y aurait d'ailleurs de notre part quelque naïveté à penser que ces tutélaires déités fussent forcément celles dont les hymnes védiques nous ressassent les hyperboliques louanges. Dans l'Inde, comme ailleurs, on a vite fait de [Figure: FIG 345 — DONATEURS AVEC BRÛLE-PARFUMS (cf fig 137) Musée de Lahore n° 679 Largeur 0 m 26]