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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v2.c14.s2.t1.1

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v2.c14.s2.t1.1

Language
French

v2.c14.s2.t1.1

LES DONATEURS — Le caractère votif de nos sculptures, aisé à déduire de leur destination religieuse et d'ailleurs attesté par nombre d'inscriptions, devait fatalement entraîner — et suffit par suite, pour des raisons tirées de l'humaine nature, à expliquer — l'apparition sur elles des *dānapati*, des « maîtres du don », ou, comme nous disons nous mêmes, des donateurs¹. Nous n'insisterons donc pas sur le caractère classique de cette innovation mais il semble qu'on puisse suivre, en voie de progression croissante, l'audace des artistes et l'intrusion des pieux amateurs. Tout d'abord les premiers n'osent figurer les seconds que dans des scènes de culte plus ou moins directement copiées de la vie réelle. Ils les montrent par exemple sur le piédestal d'une statue, dans l'acte de l'adorer en faisant, selon la coutume, brûler de l'encens ou une lampe² à ses pieds (cf. fig. 137 et 344), ou bien ils les placent debout dans des attitudes respectueuses de chaque côté soit d'un temple (fig. 345), soit du vase à aumônes du Maître, qu'il leur était loisible de vénérer ainsi chaque jour à Pèshawar (fig. 211 et piédestal des statues des planches I et II, cf. I, p. 420), à moins qu'ils ne préfèrent les agenouiller devant l'ancien turban du Bienheureux (fig. 186), comme Hiuan tsang l'a encore vu faire dans la ville capitale du Honkan³. Ailleurs, et notamment sur nombre de représentations du « grand Miracle » de Çrâvastî, il nous est impossible de déterminer si nous avons affaire à un marchand gandhârien et à sa femme ou à ce couple bourgeois du pays de Koçila, Lûhasudatta et son épouse «la mère de Rddhila», qui jouent un rôle dans l'histoire(1) Tel est par exemple le cas sur la figure 79 pour les deux orants debout qui encadrent le lotus magique qui sert de siège au Bienheureux Sur les figures 76 et 407 où ils sont agenouillés dans la partie inférieure de la stèle, les présomptions sont déjà en faveur de l'hypothèse des donateurs Celle-ci devient